Citation du moment

"Ce n'est pas sous un régime totalitaire que la vérité est dangereuse, puisqu'elle n'existe pas. C'est dans les démocraties finissantes comme les nôtres qu'elle se transforme en poison, puisqu'elle devient relative."
M.G. Dantec in "Métacortex"

vendredi 12 novembre 2010

Les nouvelles du front

Bonsoir à toutes et à tous !

Le projet de "Guide de survie planétaire" que j'avais annoncé progresse bien puisque votre serviteur et Melvin avons pondu un premier jet du texte qui promet beaucoup. En ce moment même, je me permet une petite pause en ces lieux car ma séance de rédaction est plus que fructueuse. Et je gage que Melvin martyrise un innocent bloc de son stylo incisif.

Du côté des romans, les "Chevaux de Troie" s'écoulent peu à peu. A ce propos, il est à nouveau disponible à la FNAC Fribourg sur le présentoir SF, merci à eux pour ce sympathique coup de pouce.

Je me concentre désormais sur l'écriture de mon second roman. J'en suis au stade où je complexifie mon synopsis sur la base de nombreux passages déjà écrits. En gros, je greffe le corps du texte sur le squelette du synopsis. En règle générale, j'ai tendance à laisser mes personnages prendre le contrôle du récit. Entendez par là que j'imagine mes personnages en profondeur et que je laisse leur potentiel propre s'exprimer au travers de la direction du récit. Cela me permet de construire des histoires plus plausibles de par l'aspect vraisemblable des décisions des personnages au sein de la trame scénaristique.

Il n'y aura probablement pas d'autres nouvelles téléchargeables avant deux à trois mois. J'en avais cinq en chantier mais j'en ai d'ores et déjà écartées deux qui s'avéraient difficiles à écrire sans utiliser des notions de physique et d'informatique trop poussées pour qu'elles soient lisibles par tous, ce qui n'est pas mon but. Je tenterais malgré tout de les écrire sur le long terme car les deux idées mes paraissent fondamentalement valables. Quant aux trois autres, je les terminerais quand Melvin et moi aurons lancé le site du "Guide de survie planétaire".

D'ici là, bonnes lectures !

jeudi 11 novembre 2010

Les nouvelles du front

Bonjour à toutes et à tous !

Mon complice Melvin a eu une idée fascinante à laquelle je vais participer : le guide de survie planétaire. L'idée de base est de pondre des articles loufoques (que faire lors d'une infestation de zombie, par exemple) pour répondre aux véritables défis que représente le fait de vivre sur notre belle planète voire sur d'autres.

L'esprit de ce futur site se veut résolument déjanté et nous l'améliorerons au fur et mesure puisque nous allons privilégier le contenu au contenant dans un premier temps. Il va de soi que nous attendons des propositions pour nos articles : étant jusqu'à preuve du contraire des habitants de la Terre, vous avez probablement des idées brillantes concernant des problématiques vitales auxquelles nous n'aurions pas pensé.

En vous remerciant d'avances pour vos idées que j'espère croustillantes à souhait, je vous souhaite de bonnes lectures !

jeudi 14 octobre 2010

Nouvelle cyberpunk

Bonjour à toutes et à tous !

Il semble que ma forme s'améliore toujours puisque je peux vous livrer ma dernière nouvelle. Le sujet en est clairement cyberpunk mais le style reste le mien, surfant sur la différence de culture et d'éducation des protagonistes.

Comme d'habitude, je compte sur vos commentaires pour améliorer mon écriture. Ne vous gênez donc pas, surtout pour l'orthographe ! Je profite pour vous rappeler qu'il n'est pas nécessaire d'être membre du blog pour laisser des commentaires.

En espérant que vous apprécierez, je vous souhaite à toutes et à tous bonne lecture !

Le dernier vol, une nouvelle à déguster toute chaude

LE DERNIER VOL

1.Préliminaire

A une échelle choisie de manière adéquate, toutes les décisions potentielles liées à une situation donnée ont une pondération équivalente. On ne peut donc plus choisir logiquement tant que l'on voit la situation d'un point de vue correspondant à cette échelle. Ou, du moins, on ne peut pas prendre la décision la moins mauvaise. Il est possible que les fronts d'ondes potentielles se dissimulent simplement les uns les autres par un effet de lignes de crêtes multidimensionnelles générant des angles morts dans une majorité de dimensions. Un peu comme si vous ne voyiez plus le voilier devant vous car la vague qui vous sépare est assez haute pour masquer son mât. Ou il est tout simplement possible que LE bon choix n'existe pas si l'on considère un nombre suffisant de paramètres. Dans tous les cas, le choix conscient est le propre des intelligences autonomes et il n'est ni facile ni évident.
Jessica Colmard n'avait jamais vécu dans un système de références lui permettant de choisir la moins mauvaise des possibilités : elle était à la fois mercenaire et pilote... Le boulot qu'elle effectuait était censé être de pure routine : voler un chasseur prototype à la technologie furtive révolutionnaire développé par un conglom de San Mexico, le livrer à son commanditaire de l'amas urbain Ouagadougou-Bamako-Abidjan, toucher sa confortable part et se faire oublier durant un laps de temps raisonnable. Comme tout contrat ayant l'air d'une balade de santé, les impondérables venaient immanquablement créer leur chaos non déterministe, tels des grains de sable dans les rouages d'une montre à mécanisme de haute précision.
Ce coup-ci, le grain de sable était de la taille de l'Everest, dans la mesure où le manque d'informations concernant le prototype, d'où probablement ce contrat, avait occulté le fait que non seulement le système furtif du chasseur atmosphérique n'était pas au point, mais aussi que la vitesse de pointe de l'engin était d'un ridicule mach 2. Son seul avantage sur les cinq intercepteurs du conglom qui la canardaient depuis une vingtaine de minutes était la manœuvrabilité de l'avion.


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lundi 11 octobre 2010

Les nouvelles du front

Bonjour à toutes et à tous !

Je me retape petit à petit. J'en veux pour preuve le fait que je recommence à écrire et ma prochaine nouvelle, qui s'intitulera probablement "Le vol", avance bien. A nouveau, elle mettra en scène des personnages de mon deuxième roman.

Les événements se passent avant ce récit et le personnage principal en est Jessica Colmar, une mercenaire free-lance.

Je ne promets rien mais je pense pouvoir la mettre en ligne dès vendredi.

Bonnes lectures !

dimanche 10 octobre 2010

Les nouvelles du front

Bonjour à toutes et à tous,

Un gros passage à vide (voire peu avide) assorti d'un syndrome de la page blanche m'a empêché de publier sur ce blog depuis un certain temps. Vous m'en voyez fort marri.

Cette mauvaise passe étant en cours de résolution, je me ferais à nouveau plus présent. Je me remets gentiment à écrire mes deuxième et troisième romans, ce qui me laisse moins de temps pour vous fournir des nouvelles. Néanmoins, j'avais une nouvelle en chantier sur laquelle je me promets de travailler au plus tôt. Je dirais sans prendre trop de risque que je pourrais vous la proposer pour critique dans deux à trois semaines.

En vous remerciant pour votre compréhension et pour les messages réconfortants de certains lecteurs et amis, je vous souhaite une excellente semaine.

Bonnes lectures !

mercredi 7 juillet 2010

Les nouvelles du front

Bonjour !

Je sais, je sais, ça fait longtemps que je n'ai plus posté sur ce blog... A ma décharge, je cherchais un nouveau travail (done) et donc un nouvel appartement (almost done). A ce propos, si vous avez une chambre meublée dans une coloc ou un bon plan appartement en ville de Fribourg ou à Villars-sur-Glâne, laissez-moi un commentaire et je me ferais un plaisir de prendre contact avec vous.

Mes citations vont pour quelques temps être des citations plus ou moins compréhensible tirées d'essais en physique quantique et cordiste puisque j'effectue des recherches sur le sujet pour mon deuxième et troisième roman. Je pars du principe que la justesse des théories scientifiques dans un récit est accessoire mais je préfère personnellement les étayer un maximum. Je ne pense pas que la science soit primordiale pour faire de la SF mais qu'elle sert plutôt de toile de fond permettant des questionnements intéressants et enrichissants. Je construis mes histoires comme on recherche en sciences naturelles : que se passerait-il si on modifiait des paramètres, quelles en seraient les conséquences ?

J'avance dans l'écriture de mes nouvelles mais, conformément à mes mauvaises habitudes, j'en écris actuellement 6 en même temps...comprenez que je risque d'avoir un peu de retard pour la nouvelle de juillet. Oui, je promets, un jour je me contenterais de faire une chose à la fois...demain.

Je sais que je vais me répéter mais ne vous gênez pas de laisser vos commentaires sur mes nouvelles déjà présentes sur ce blog. Il n'est pas du tout nécessaire de devenir membre pour poster donc ne soyez pas timides, je ne mords pas...numériquement.

Bonnes lectures !

lundi 31 mai 2010

Les nouvelles du front

Bonsoir !

La fréquence de mes messages a baissé sur ce blog et je m'en excuse. En effet, j'ai été un peu malade ces derniers temps et je vous passe les détails.

Pour me faire pardonner, je mets en ligne une vieille nouvelle de 2001. C'était essentiellement un exercice de style au niveau de la structure narrative. Je n'en dis pas plus pour ne pas vous donner trop d'indications, vous verrez certainement par vous-même.

Comme pour "La naissance du don", qui était quant à lui de 2000, ce texte est plus un bon souvenir que ma meilleure production. Le style dégage un esprit et une partie de moi qui a maintenant disparu. Je suis heureux d'avoir conservé ces deux textes dans la mesure où je ne pourrais certainement plus écrire comme ça.

Je vous rassure, ce blog ne va pas devenir mon cimetière à baleines littéraires, car, en parallèle des fignolages sur mon deuxième projet de roman, je monte une série de nouvelle dans l'espace géopolitiques futuriste de mon manuscrit.

Bonne lecture !

Le conteur et la montagne

La ville

« … C’est ainsi que naquit l’idée de coup de foudre. Tout devint noir, brusquement. Puis tous les hommes durent fermer les yeux : BLANC ! Cette blancheur était la somme de toutes les lumières de l’univers. Enfin, quand les hommes purent à nouveau regarder, ce fut le beige, l’ondoyant, le fugace… Ils prirent un peu de beige dans les mains mais le beige fuyait, en petits grains, sans laisser de traces. C’était du sable. Tout ce sable formait maintenant un désert. Depuis ce jour, mon fils, notre peuple habite dans ce désert. Notre peuple aime et respecte le désert, ce qu’il représente, sa provenance.
Merci, père.
Le soleil se couche doucement, ils descendent tous deux vers leur camp, en file indienne. Le père devant le fils. Ils sourient… »

Le conteur garde les yeux clos encore un instant. Il se pénètre du silence qui s’est créé autour de son histoire. Quand il ouvre les yeux, il est toujours surpris des visages. Cette fois, il est subjugué : c’est la première fois sur ce continent. Le regard des enfants pose une question unanime : « Mais cette histoire, elle est vraie ? » Les adultes écoutent encore, cherchant les dernières résonances de ces mots venus de loin. Il y a étonnamment peu de questions dans leurs yeux. Aurait-il trouvé un lieu où tous peuvent s’émerveiller ? Sans peurs ? Sans honte ?
D’expérience, il ne le croit pas. Il laisse les gens s’en aller puis il se lève : il a faim. Il sent des odeurs alléchantes l’assaillir de partout. Il se fraie un chemin dans la foule compacte agglomérée autour des étals. Une main sur son épaule.
« Belle histoire, mon ami. Dommage que je n’aie entendu que la fin. Je m’appelle Ibrahim. Mais il faut dire Ibo.
- C’est gentil Ibo. Viens donc souper avec moi.

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mercredi 19 mai 2010

Les nouvelles du front

Bonsoir,

Tout d'abord merci à vous, chers visiteurs ! Je suis très heureux que des gens me lisent et je me réjouis de vos commentaires, plus particulièrement sur la dernière nouvelle que j'ai mise à disposition.

"La promesse" est une nouvelle que j'avais depuis longtemps en tête dans la mesure où elle relate une anecdote arrivée à un des protagonistes du roman que je suis en train d'écrire. J'ai eu envie de la mettre par écrit, en quelque sorte pour fixer son passé définitivement. Le but pour moi était de pouvoir plus facilement décrire ce personnage et, surtout, de me permettre de lui créer une ligne comportementale vraisemblable, un peu comme si j'avais voulu la soutenir par un passé plus tangible. Je ne peux qu'espérer qu'elle vous plaira.

Au passage, vous avez peut-être constaté une certaine monomanie au niveau de la citation du jour. Je ne le nierais même pas, je suis en train de dévorer le dernier Dantec et, c'est simplement terriblement bon. Cet écrivain est pour moi un des meilleurs écrivain de la mouvance cyberpunk, le meilleur que j'ai lu en français dans le texte. Le futur qu'il dépeint est d'une laideur inévitable, servi par un vocabulaire fourni et des métaphores limpides. Une ambiance de fin du monde dans un chaos géopolitique inextricable, une fois de plus, Dantec nous donne généreusement un grand moment de SF.

mercredi 12 mai 2010

Sites sympathiques

Les plus attentifs d'entre vous auront remarqué une nouveauté dans ce blog : la rubrique sites sympathiques sise sur le panneau latéral droit. Ce sont des blogs ou des sites d'amis ou de personnes qui, je l'estime, ont un talent certain. Petites présentations :

http://isabellefluekiger.blogspot.com/ Ecrivaine fribourgeoise dont le talent n'est plus à démontrer au vu du nombre de ses publications. Le blog fournit un nombre respectable de nouvelles téléchargeables. Le style est ce que je qualifierais de contemporain réaliste. J'y trouve personnellement une froideur lyrique très puissante. A lire !

http://lafeekit.blogspot.com/ Un blog d'une écrivaine valaisanne à suivre. Pas encore de publication mais je pense que ce n'est qu'une question de temps. On y trouve des chroniques acérées, à la fois drôles et poignantes. Le style est direct, très coulant et notablement agréable. La cadence de publication est rapide donc à consommer souvent !

http://www.wtf-society.com/ Le site de Melvin, dessinateur, tatoueur et chroniqueur fribourgeois. Les illustrations au vitriol arracheraient un sourire à un ermite sadu en manque, les tatouages vous feront regretter de ne plus avoir de surface disponible et les chroniques malmèneront vos boyaux. Que du bonheur !

http://www.myspace.com/ayawaskamusic Inutile de le présenter, si vous ne l'avez jamais entendu, il faut sortir un peu plus. J'ai eu la chance de connaître ce chanteur il y a plusieurs années et sa progression me fait chaud au coeur. A écouter sans modération !

Voilà, j'espère que ces sites satisferont les plus exigeants. Merci de soutenir les créatrices et créateurs de notre petit pays somme toute bien dynamique.

mardi 11 mai 2010

Les nouvelles du front

Chose promise, chose due ! "La promesse" est en téléchargement sur ce blog. Nouvelle de SF dure, elle met en scène un des personnages principaux de mon deuxième roman. J'ai eu besoin d'étoffer ce personnage. Il est fort probable que j'écrive d'autres histoires courtes concernant l'histoire ou le futur des personnages de ce roman. Bonne lecture et commentez sans concessions !

La promesse, une nouvelle qui sort du four

La promesse
Liberté
La lumière de midi submergea son sensorium visuel comme un superbarrage cédant dans une vallée endormie. Il entendit le chuintement du sas qui se refermait définitivement derrière lui. La gouine psychotique de l'accueil lui avait même souri. Samuel Forster avait attendu ce moment depuis quatre ans et demi. Il avait échoué à s'empêcher de se l'imaginer, et ce malgré toute sa volonté, mais jamais il n'avait supposé que la sensation serait aussi puissante. Il avait envie de prolonger cet instant. Il s'arrêta, posa son sac en plastique orné de son matricule, alluma une cigarette avec sa dernière allumette et se retourna vers ce qui avait été sa maison durant ces interminables dernières années.
Il avait presque oublié à quoi ressemblait la prison vue de l'extérieur : un gigantesque parallélépipède de béton brut d'un gris déprimant, deux mètres d'épaisseur, des fenêtres dispersées de manière aléatoire barrées par leur champ de contention de classe trois, l'excroissance de verre et d'acier disgracieuse que formait l'accueil et le local des gardiens. Au deuxième, deux blacks gigantesques gonflés aux hormones artisanales lui firent un signe qu'il leur rendit machinalement, des quelconques gros bras bossant pour Dixie, un truc qu'il n'avait plus besoin de savoir pour vivre. Les deux nervis se passaient un joint de THC synthétique, la fumée s'enroulait autour de leurs muscles surdimensionnés puis se perdait dans une bouche de ventilation invisible pour le jeune hacker fraîchement libéré.
Son regard descendit progressivement jusqu'au local fortifié des matons. Il y croisa le regard brûlant du gardien-chef. Cet immense enfoiré le regardait férocement à travers les multiples couches de verre moléculaire, impuissant maintenant que Samuel quittait son petit univers sadique personnel. Cet homme était le pire criminel que Forster avait croisé dans sa vie, un flic pourri que l'état avait préféré planquer plutôt que de subir l'opprobre médiatico-populaire en le jugeant. Le cas classique du psychopathe muni d'une plaque, le gouvernement mondial tolérant implicitement les exactions du bonhomme. Fernando lui avait expliqué l'histoire du gardien-chef Rice durant les premiers mois de leur colocation forcée, rien qu'il ne voulût maintenant se rappeler. Mais il se souvenait de la promesse faite à Fernando, et ça, il ne l'oublierait pas.
Samuel allait se retourner pour s'en aller définitivement quand il se souvint de son dernier deal avec les homos du troisième et, accessoirement, de leur clause supplémentaire. Rice avait un peu trop tabassé un petit gars originaire de San Mexico qui tapinait pour eux, le gars était mort trois jours après, ses cris de douleur s'étaient répercutés sans fin dans tout le bâtiment, refroidissant les autres business en cours. Les choutes avaient décidé de faire payer le coupable. Il avait promis à Nadia, un travelo sculptural enfermé pour multiples homicides assortis de tortures, qu'il énerverait Rice le plus possible avant de sortir : le gardien-chef était méchamment homophobe et allait se passer les nerfs sur les tapineuses quand il passait une mauvaise journée. La différence étant que, ce soir, les tantes l'attendraient avec des piquets de tente. Il fit donc un bras d'honneur à Rice qui, contre toute attente, parvint à prendre un teint plus rougeâtre encore que son habituel rouge brique de vin. Forster éclata de rire sous les acclamations des deux gorilles de Dixie et rejoint le robotaxi qui était arrivé pendant ce temps. Il balança son sac dans l'habitacle et traîna sa grande carcasse décharnée à sa suite. « Hotel Ambassador » lâcha-t-il à l'analyseur spectral. Le robotaxi lui afficha un holoplan où figurait les quatre Ambassador de GLAM1. Brandon pointa le sien, bordure de zone industrielle, la zone de deal de son adolescence. Puis il pirata l'engin histoire d'entrer une course bidon style ballade touristique exhaustive et de la faire débiter du compte du gardien-chef Rice. Cette facture-là, il n'y ferait pas opposition. Il ne résista pas au plaisir de bricoler le compte en banque pour facturer des séances de tortures sado-maso homosexuelles dans un club huppé de la ville, espaçant les soirées de deux mois et les faisant remonter à dix ans. Les agents qui allaient vérifier le compte de monsieur l'homophobe allaient sérieusement se poiler.
Samuel Forster fêtait ses vingt-cinq ans ce jour-là. Il décida donc de s'octroyer un cadeau inattendu : il versa le montant des séances du maton sur sa carte via un système de comptes en série et de sociétés écrans. On ne peut pas laisser décemment s'évaporer un tel paquet.
Réinsertion
Samuel savait qu'il lui faudrait plusieurs jours de boulot avant de pouvoir tenir la promesse qu'il avait faite à Fernando. Au moment d'échanger leur parole, Forster était persuadé qu'il allait mourir dans cette taule puante et n'y avait accordé qu'une importance marginale. De toute manière, sa date de libération lui semblait tellement lointaine que l'idée d'une promesse à tenir à l'extérieur lui semblait faire partie d'une réalité désormais inaccessible. Le vieux hacker avait l'air d'y tenir et Samuel s'était dit que Fernando allait avoir du mal à la réaliser. L'avenir l'avait tout d'abord détrompé, puis un truc comme le destin s'en était mêlé. Fernando était mort, fauché par une quelconque maladie que le service médical pénitentiaire n'avait pas traité, dans le but de ne pas gréver le budget de la prison. Le grand black musculeux lui avait claqué dans les bras, saignant des yeux et des oreilles, petites gouttes s'écrasant sur le sol uni de leur cellule en y laissant des flaques aux formes tristes. Une rumeur courait, disant que les matons testaient sur les prisonniers des armes biotechs pour le compte de multinationales. Presque sûrement authentique, les multis étant plus cruels que les gardiens.

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dimanche 9 mai 2010

Les nouvelles du front

Weekend très chargé donc je n'ai pas eu le temps de finir ma nouvelle en cours. Mardi, si tout va bien, je devrais pouvoir la poster.
Je vais essayer de vous fournir des PDF un peu plus classes que ce que j'ai mis mais je ne me risquerais pas à avancer une date...
Au chapitre des bonnes nouvelles, Melvin devrait me faire une illustration pour la nouvelle en cours, sous réserve que ça l'inspire, évidemment. Allez jeter un oeil sur son site pour voir quelques unes de ses illus : http://www.wtf-society.com/

mercredi 5 mai 2010

Les nouvelles du front

Bonjour à toutes et à tous,

La nouvelle que j'ai commencée la semaine passée évolue bien. Si le côté SF hypertechnologique se confirme, le style a viré dans le genre polar urbain. C'est le milieu carcéral duquel est issu le personnage principal qui me pousse dans ce type de vocabulaire et, ma foi, c'est un excellent exercice de style. Fidèle à ma mauvaise habitude, je l'ai peu originalement nommée "La promesse". Elle devrait être présente sur ce blog d'ici à dimanche.

Bonne journée !

samedi 1 mai 2010

Bonjour à toutes et tous !

Je suis en train de pondre une sympathique nouvelle. Fortement SF, elle part d'un questionnement sur l'éthique technologique qui m'habite depuis assez longtemps. Le personnage principal est un détenu fraîchement libéré qui tient une promesse qu'il a faite en prison. Le texte est d'ores et déjà très technologique donc, pour ceux que cela rebuterait, lisez-la quand même ;-)Je devrais l'avoir finie dans une petite semaine.

Et si vous aviez quelques commentaires à faire sur les deux nouvelles que j'ai déjà mises à disposition, vous pouvez en poster sans être membre de ce blog.

Bonne nuit !

vendredi 30 avril 2010

Une petite nouvelle de SF "dure" que j'ai écrite il y a quelques mois...

La sélection
Dissimulé derrière la carcasse de ce qui avait dû être, un jour lointain, un fier astronef, ou du moins un astronef neuf, je scrute avec attention cette impossible tour qui se dresse au centre géométrique de cet étrange cratère. Je ne suis pas astrogéologue, suis-je d'ailleurs quoi que ce soit après ces horribles épreuves, mais je leur suppose immédiatement une origine artificielle. D'une part, la régularité du cratère implique à la fois une atmosphère inexistante, pourtant je respire aisément, et une activité géologique très faible, ce qui n'est manifestement pas le cas puisque je peux distinguer une chaîne de volcans en activité au loin. D'autre part. le pic central est manifestement artificiel puisque j'y devine des structures ressemblant à des escaliers et des passerelles, sans compter cette improbable plate-forme sommitale piquetée de ce qui semble être des antennes de télécommunication. Cette tour me fait étrangement penser à un gigantesque fleuret qu'un géant aurait négligemment planté en terre puis abandonné là pour vaquer à de plus intéressantes occupations.
Je suppose que, cette fois-ci, le but du jeu consiste à atteindre le sommet de la tour en un seul morceau. Trop conscient que la précipitation avait été un défaut bien souvent mortel ces derniers temps, je décide de m'accorder le temps nécessaire pour reconnaître les lieux plus en profondeur : un excès de prudence est bien la dernière chose qui peut me tuer. Je fouille un instant dans ce stupide sac orange à l'air inexplicablement neuf et j'en extirpe avec précaution mes jumelles, en fait une loupe binoculaire bricolée, en me remémorant l'incroyable chaîne événementielle qui m'avait amené jusque sur cette planète inconnue.



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jeudi 29 avril 2010

La nouvelle que certains ont trouvée mièvre, moi je l'aime bien...

DAKHLA :

Innocent et Mélodie

Après l’apaisante verdure de l’oued, la pente les ramène, gentiment, au soleil. Au soleil et à son allié du moment. Le sable. Le ciel aussi. Bleu hurlant.
Sorence plisse les yeux. Il est bien. L’air chaud volète tranquillement dans la voiture. La route se perd dans l’horizon. Son regard aussi. Depuis qu’il est dans le désert, il regarde. Le désert dit ce que l’on veut. En échange, on fait ce qu’il veut. Sorence y lit ses errances. Il en retire leur essence. Le désert est son alambic. Il distille.
Le sable et l’océan. Six cents kilomètres de désert et d’océan. Six cents kilomètres d’étreintes passionnées. Sorence se sent comme un voyeur. Un voyeur qui se sent bien. Dans l’océan, il lit l’avenir. Dans le désert, il lit le passé. Et dans l’air, il vit le présent.

Sorence entre dans le camping. Tout de suite, il pense : « Il est rouge . » Le propriétaire, quant à lui, oscille entre le blanc et le noir. Le noir de l’argent, le blanc de sa voix.
Sorence s’installe entre un couple silencieux et un mur, lui aussi silencieux.

« Salaam aleicoum.
Bonjour ! Simultanés. Français.
Je m’appelle Sorence, je viens tenir compagnie au mur. »
Il les regarde gravement. Ils sourient. Il répond :
« Moi, c’est Innocent. Et voici Mélodie.
J’espère qu’un jour, vous me présenterez votre amour. »

Il se retourne et se met à monter sa tente. Il est comme ça, Sorence.
Il aime les couples. Il aime le fait que quatre êtres puissent n’en former qu’un, par instants. Il aime voir ces instants, quand deux personnes et deux amours se scindent. Pour Sorence, seul le monde s’est scindé à lui, parfois. Il aime les murs. Il aime leur puissance suggestive. Derrière un mur, il y a forcément quelque chose. Cacher, protéger sont des raisons d’être du mur. Sorence n’a jamais vu les murs comme des obstacles. Seulement comme des tentations. Escalader ou contourner des murs est même devenu sa vie.
Il aime les couples. Il aime les murs. Il se sent bien. Il goûte le poids de l’air chaud et immobile. Chaud. Immobile.
Il joue avec l’air. Il lui demande de chatouiller ses poumons, de refroidir sa bouche, de l’écraser, de le rendre immense. Il écoute ensuite le vent lui raconter des histoires. Ses histoires. Vieilles et splendides. Secrètes, parfois.

« Excuse, Sorence, tu veux manger avec nous ?
Est-ce vous qui avez cuisiné ?
Oui, pourquoi ? Interloqué.
Je viens. »

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mercredi 28 avril 2010

Hop hop

Et voilà ! Un petit blog pour que je puisse vous faire profiter de mes petites divagations écrites.

Je vais essayer d'y poster une nouvelle par mois, qu'elle soit SF ou autre. Je vais réellement essayer de tenir la cadence.

Je vais très rapidement poster une vieillerie que j'aime personnellement beaucoup mais que tous les gens à qui je l'ai faite lire ont trouvée mièvre.

A part ça, je vais essayer de passer tous les 2 jours pour poster une petite citation pêchée dans mes lectures du moment.

Et je vais bien évidemment continuer de finaliser et de peaufiner pour tenter de publier mon deuxième roman ;-)

Je compte sur vos commentaires, ne vous gênez pas !

Les chevaux de Troie

Ô joie et bonheur, mon premier roman est publié ! Merci encore aux éditions Amalthée qui ont eu la gentillesse de m'accompagner dans cette aventure.

"Les chevaux de Troie" est un roman court d'anticipation. L'essentiel de l'action se passe en Afrique dans un futur proche où les états du sud ont pris le dessus sur les états du nord. On peut y suivre le parcours alambiqué d'Eric Stolz, un informaticien entraîné dans un cauchemar politico-économique qui le dépasse de beaucoup.

La source de cette histoire est à rechercher dans mes voyages en Afrique de l'ouest, dans mes lectures et dans le monde de tous les jours.

Vous pouvez actuellement le trouver à la FNAC Fribourg, chez Payot (Nyon et Sion) et évidemment sur la toile en cliquant sur la couverture du roman (en haut à droite du blog).

Bonne lecture !