Citation du moment

"Ce n'est pas sous un régime totalitaire que la vérité est dangereuse, puisqu'elle n'existe pas. C'est dans les démocraties finissantes comme les nôtres qu'elle se transforme en poison, puisqu'elle devient relative."
M.G. Dantec in "Métacortex"

lundi 31 mai 2010

Le conteur et la montagne

La ville

« … C’est ainsi que naquit l’idée de coup de foudre. Tout devint noir, brusquement. Puis tous les hommes durent fermer les yeux : BLANC ! Cette blancheur était la somme de toutes les lumières de l’univers. Enfin, quand les hommes purent à nouveau regarder, ce fut le beige, l’ondoyant, le fugace… Ils prirent un peu de beige dans les mains mais le beige fuyait, en petits grains, sans laisser de traces. C’était du sable. Tout ce sable formait maintenant un désert. Depuis ce jour, mon fils, notre peuple habite dans ce désert. Notre peuple aime et respecte le désert, ce qu’il représente, sa provenance.
Merci, père.
Le soleil se couche doucement, ils descendent tous deux vers leur camp, en file indienne. Le père devant le fils. Ils sourient… »

Le conteur garde les yeux clos encore un instant. Il se pénètre du silence qui s’est créé autour de son histoire. Quand il ouvre les yeux, il est toujours surpris des visages. Cette fois, il est subjugué : c’est la première fois sur ce continent. Le regard des enfants pose une question unanime : « Mais cette histoire, elle est vraie ? » Les adultes écoutent encore, cherchant les dernières résonances de ces mots venus de loin. Il y a étonnamment peu de questions dans leurs yeux. Aurait-il trouvé un lieu où tous peuvent s’émerveiller ? Sans peurs ? Sans honte ?
D’expérience, il ne le croit pas. Il laisse les gens s’en aller puis il se lève : il a faim. Il sent des odeurs alléchantes l’assaillir de partout. Il se fraie un chemin dans la foule compacte agglomérée autour des étals. Une main sur son épaule.
« Belle histoire, mon ami. Dommage que je n’aie entendu que la fin. Je m’appelle Ibrahim. Mais il faut dire Ibo.
- C’est gentil Ibo. Viens donc souper avec moi.

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