LE DERNIER VOL
1.Préliminaire
A une échelle choisie de manière adéquate, toutes les décisions potentielles liées à une situation donnée ont une pondération équivalente. On ne peut donc plus choisir logiquement tant que l'on voit la situation d'un point de vue correspondant à cette échelle. Ou, du moins, on ne peut pas prendre la décision la moins mauvaise. Il est possible que les fronts d'ondes potentielles se dissimulent simplement les uns les autres par un effet de lignes de crêtes multidimensionnelles générant des angles morts dans une majorité de dimensions. Un peu comme si vous ne voyiez plus le voilier devant vous car la vague qui vous sépare est assez haute pour masquer son mât. Ou il est tout simplement possible que LE bon choix n'existe pas si l'on considère un nombre suffisant de paramètres. Dans tous les cas, le choix conscient est le propre des intelligences autonomes et il n'est ni facile ni évident.
Jessica Colmard n'avait jamais vécu dans un système de références lui permettant de choisir la moins mauvaise des possibilités : elle était à la fois mercenaire et pilote... Le boulot qu'elle effectuait était censé être de pure routine : voler un chasseur prototype à la technologie furtive révolutionnaire développé par un conglom de San Mexico, le livrer à son commanditaire de l'amas urbain Ouagadougou-Bamako-Abidjan, toucher sa confortable part et se faire oublier durant un laps de temps raisonnable. Comme tout contrat ayant l'air d'une balade de santé, les impondérables venaient immanquablement créer leur chaos non déterministe, tels des grains de sable dans les rouages d'une montre à mécanisme de haute précision.
Ce coup-ci, le grain de sable était de la taille de l'Everest, dans la mesure où le manque d'informations concernant le prototype, d'où probablement ce contrat, avait occulté le fait que non seulement le système furtif du chasseur atmosphérique n'était pas au point, mais aussi que la vitesse de pointe de l'engin était d'un ridicule mach 2. Son seul avantage sur les cinq intercepteurs du conglom qui la canardaient depuis une vingtaine de minutes était la manœuvrabilité de l'avion.
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