Citation du moment

"Ce n'est pas sous un régime totalitaire que la vérité est dangereuse, puisqu'elle n'existe pas. C'est dans les démocraties finissantes comme les nôtres qu'elle se transforme en poison, puisqu'elle devient relative."
M.G. Dantec in "Métacortex"

lundi 31 mai 2010

Les nouvelles du front

Bonsoir !

La fréquence de mes messages a baissé sur ce blog et je m'en excuse. En effet, j'ai été un peu malade ces derniers temps et je vous passe les détails.

Pour me faire pardonner, je mets en ligne une vieille nouvelle de 2001. C'était essentiellement un exercice de style au niveau de la structure narrative. Je n'en dis pas plus pour ne pas vous donner trop d'indications, vous verrez certainement par vous-même.

Comme pour "La naissance du don", qui était quant à lui de 2000, ce texte est plus un bon souvenir que ma meilleure production. Le style dégage un esprit et une partie de moi qui a maintenant disparu. Je suis heureux d'avoir conservé ces deux textes dans la mesure où je ne pourrais certainement plus écrire comme ça.

Je vous rassure, ce blog ne va pas devenir mon cimetière à baleines littéraires, car, en parallèle des fignolages sur mon deuxième projet de roman, je monte une série de nouvelle dans l'espace géopolitiques futuriste de mon manuscrit.

Bonne lecture !

Le conteur et la montagne

La ville

« … C’est ainsi que naquit l’idée de coup de foudre. Tout devint noir, brusquement. Puis tous les hommes durent fermer les yeux : BLANC ! Cette blancheur était la somme de toutes les lumières de l’univers. Enfin, quand les hommes purent à nouveau regarder, ce fut le beige, l’ondoyant, le fugace… Ils prirent un peu de beige dans les mains mais le beige fuyait, en petits grains, sans laisser de traces. C’était du sable. Tout ce sable formait maintenant un désert. Depuis ce jour, mon fils, notre peuple habite dans ce désert. Notre peuple aime et respecte le désert, ce qu’il représente, sa provenance.
Merci, père.
Le soleil se couche doucement, ils descendent tous deux vers leur camp, en file indienne. Le père devant le fils. Ils sourient… »

Le conteur garde les yeux clos encore un instant. Il se pénètre du silence qui s’est créé autour de son histoire. Quand il ouvre les yeux, il est toujours surpris des visages. Cette fois, il est subjugué : c’est la première fois sur ce continent. Le regard des enfants pose une question unanime : « Mais cette histoire, elle est vraie ? » Les adultes écoutent encore, cherchant les dernières résonances de ces mots venus de loin. Il y a étonnamment peu de questions dans leurs yeux. Aurait-il trouvé un lieu où tous peuvent s’émerveiller ? Sans peurs ? Sans honte ?
D’expérience, il ne le croit pas. Il laisse les gens s’en aller puis il se lève : il a faim. Il sent des odeurs alléchantes l’assaillir de partout. Il se fraie un chemin dans la foule compacte agglomérée autour des étals. Une main sur son épaule.
« Belle histoire, mon ami. Dommage que je n’aie entendu que la fin. Je m’appelle Ibrahim. Mais il faut dire Ibo.
- C’est gentil Ibo. Viens donc souper avec moi.

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mercredi 19 mai 2010

Les nouvelles du front

Bonsoir,

Tout d'abord merci à vous, chers visiteurs ! Je suis très heureux que des gens me lisent et je me réjouis de vos commentaires, plus particulièrement sur la dernière nouvelle que j'ai mise à disposition.

"La promesse" est une nouvelle que j'avais depuis longtemps en tête dans la mesure où elle relate une anecdote arrivée à un des protagonistes du roman que je suis en train d'écrire. J'ai eu envie de la mettre par écrit, en quelque sorte pour fixer son passé définitivement. Le but pour moi était de pouvoir plus facilement décrire ce personnage et, surtout, de me permettre de lui créer une ligne comportementale vraisemblable, un peu comme si j'avais voulu la soutenir par un passé plus tangible. Je ne peux qu'espérer qu'elle vous plaira.

Au passage, vous avez peut-être constaté une certaine monomanie au niveau de la citation du jour. Je ne le nierais même pas, je suis en train de dévorer le dernier Dantec et, c'est simplement terriblement bon. Cet écrivain est pour moi un des meilleurs écrivain de la mouvance cyberpunk, le meilleur que j'ai lu en français dans le texte. Le futur qu'il dépeint est d'une laideur inévitable, servi par un vocabulaire fourni et des métaphores limpides. Une ambiance de fin du monde dans un chaos géopolitique inextricable, une fois de plus, Dantec nous donne généreusement un grand moment de SF.

mercredi 12 mai 2010

Sites sympathiques

Les plus attentifs d'entre vous auront remarqué une nouveauté dans ce blog : la rubrique sites sympathiques sise sur le panneau latéral droit. Ce sont des blogs ou des sites d'amis ou de personnes qui, je l'estime, ont un talent certain. Petites présentations :

http://isabellefluekiger.blogspot.com/ Ecrivaine fribourgeoise dont le talent n'est plus à démontrer au vu du nombre de ses publications. Le blog fournit un nombre respectable de nouvelles téléchargeables. Le style est ce que je qualifierais de contemporain réaliste. J'y trouve personnellement une froideur lyrique très puissante. A lire !

http://lafeekit.blogspot.com/ Un blog d'une écrivaine valaisanne à suivre. Pas encore de publication mais je pense que ce n'est qu'une question de temps. On y trouve des chroniques acérées, à la fois drôles et poignantes. Le style est direct, très coulant et notablement agréable. La cadence de publication est rapide donc à consommer souvent !

http://www.wtf-society.com/ Le site de Melvin, dessinateur, tatoueur et chroniqueur fribourgeois. Les illustrations au vitriol arracheraient un sourire à un ermite sadu en manque, les tatouages vous feront regretter de ne plus avoir de surface disponible et les chroniques malmèneront vos boyaux. Que du bonheur !

http://www.myspace.com/ayawaskamusic Inutile de le présenter, si vous ne l'avez jamais entendu, il faut sortir un peu plus. J'ai eu la chance de connaître ce chanteur il y a plusieurs années et sa progression me fait chaud au coeur. A écouter sans modération !

Voilà, j'espère que ces sites satisferont les plus exigeants. Merci de soutenir les créatrices et créateurs de notre petit pays somme toute bien dynamique.

mardi 11 mai 2010

Les nouvelles du front

Chose promise, chose due ! "La promesse" est en téléchargement sur ce blog. Nouvelle de SF dure, elle met en scène un des personnages principaux de mon deuxième roman. J'ai eu besoin d'étoffer ce personnage. Il est fort probable que j'écrive d'autres histoires courtes concernant l'histoire ou le futur des personnages de ce roman. Bonne lecture et commentez sans concessions !

La promesse, une nouvelle qui sort du four

La promesse
Liberté
La lumière de midi submergea son sensorium visuel comme un superbarrage cédant dans une vallée endormie. Il entendit le chuintement du sas qui se refermait définitivement derrière lui. La gouine psychotique de l'accueil lui avait même souri. Samuel Forster avait attendu ce moment depuis quatre ans et demi. Il avait échoué à s'empêcher de se l'imaginer, et ce malgré toute sa volonté, mais jamais il n'avait supposé que la sensation serait aussi puissante. Il avait envie de prolonger cet instant. Il s'arrêta, posa son sac en plastique orné de son matricule, alluma une cigarette avec sa dernière allumette et se retourna vers ce qui avait été sa maison durant ces interminables dernières années.
Il avait presque oublié à quoi ressemblait la prison vue de l'extérieur : un gigantesque parallélépipède de béton brut d'un gris déprimant, deux mètres d'épaisseur, des fenêtres dispersées de manière aléatoire barrées par leur champ de contention de classe trois, l'excroissance de verre et d'acier disgracieuse que formait l'accueil et le local des gardiens. Au deuxième, deux blacks gigantesques gonflés aux hormones artisanales lui firent un signe qu'il leur rendit machinalement, des quelconques gros bras bossant pour Dixie, un truc qu'il n'avait plus besoin de savoir pour vivre. Les deux nervis se passaient un joint de THC synthétique, la fumée s'enroulait autour de leurs muscles surdimensionnés puis se perdait dans une bouche de ventilation invisible pour le jeune hacker fraîchement libéré.
Son regard descendit progressivement jusqu'au local fortifié des matons. Il y croisa le regard brûlant du gardien-chef. Cet immense enfoiré le regardait férocement à travers les multiples couches de verre moléculaire, impuissant maintenant que Samuel quittait son petit univers sadique personnel. Cet homme était le pire criminel que Forster avait croisé dans sa vie, un flic pourri que l'état avait préféré planquer plutôt que de subir l'opprobre médiatico-populaire en le jugeant. Le cas classique du psychopathe muni d'une plaque, le gouvernement mondial tolérant implicitement les exactions du bonhomme. Fernando lui avait expliqué l'histoire du gardien-chef Rice durant les premiers mois de leur colocation forcée, rien qu'il ne voulût maintenant se rappeler. Mais il se souvenait de la promesse faite à Fernando, et ça, il ne l'oublierait pas.
Samuel allait se retourner pour s'en aller définitivement quand il se souvint de son dernier deal avec les homos du troisième et, accessoirement, de leur clause supplémentaire. Rice avait un peu trop tabassé un petit gars originaire de San Mexico qui tapinait pour eux, le gars était mort trois jours après, ses cris de douleur s'étaient répercutés sans fin dans tout le bâtiment, refroidissant les autres business en cours. Les choutes avaient décidé de faire payer le coupable. Il avait promis à Nadia, un travelo sculptural enfermé pour multiples homicides assortis de tortures, qu'il énerverait Rice le plus possible avant de sortir : le gardien-chef était méchamment homophobe et allait se passer les nerfs sur les tapineuses quand il passait une mauvaise journée. La différence étant que, ce soir, les tantes l'attendraient avec des piquets de tente. Il fit donc un bras d'honneur à Rice qui, contre toute attente, parvint à prendre un teint plus rougeâtre encore que son habituel rouge brique de vin. Forster éclata de rire sous les acclamations des deux gorilles de Dixie et rejoint le robotaxi qui était arrivé pendant ce temps. Il balança son sac dans l'habitacle et traîna sa grande carcasse décharnée à sa suite. « Hotel Ambassador » lâcha-t-il à l'analyseur spectral. Le robotaxi lui afficha un holoplan où figurait les quatre Ambassador de GLAM1. Brandon pointa le sien, bordure de zone industrielle, la zone de deal de son adolescence. Puis il pirata l'engin histoire d'entrer une course bidon style ballade touristique exhaustive et de la faire débiter du compte du gardien-chef Rice. Cette facture-là, il n'y ferait pas opposition. Il ne résista pas au plaisir de bricoler le compte en banque pour facturer des séances de tortures sado-maso homosexuelles dans un club huppé de la ville, espaçant les soirées de deux mois et les faisant remonter à dix ans. Les agents qui allaient vérifier le compte de monsieur l'homophobe allaient sérieusement se poiler.
Samuel Forster fêtait ses vingt-cinq ans ce jour-là. Il décida donc de s'octroyer un cadeau inattendu : il versa le montant des séances du maton sur sa carte via un système de comptes en série et de sociétés écrans. On ne peut pas laisser décemment s'évaporer un tel paquet.
Réinsertion
Samuel savait qu'il lui faudrait plusieurs jours de boulot avant de pouvoir tenir la promesse qu'il avait faite à Fernando. Au moment d'échanger leur parole, Forster était persuadé qu'il allait mourir dans cette taule puante et n'y avait accordé qu'une importance marginale. De toute manière, sa date de libération lui semblait tellement lointaine que l'idée d'une promesse à tenir à l'extérieur lui semblait faire partie d'une réalité désormais inaccessible. Le vieux hacker avait l'air d'y tenir et Samuel s'était dit que Fernando allait avoir du mal à la réaliser. L'avenir l'avait tout d'abord détrompé, puis un truc comme le destin s'en était mêlé. Fernando était mort, fauché par une quelconque maladie que le service médical pénitentiaire n'avait pas traité, dans le but de ne pas gréver le budget de la prison. Le grand black musculeux lui avait claqué dans les bras, saignant des yeux et des oreilles, petites gouttes s'écrasant sur le sol uni de leur cellule en y laissant des flaques aux formes tristes. Une rumeur courait, disant que les matons testaient sur les prisonniers des armes biotechs pour le compte de multinationales. Presque sûrement authentique, les multis étant plus cruels que les gardiens.

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dimanche 9 mai 2010

Les nouvelles du front

Weekend très chargé donc je n'ai pas eu le temps de finir ma nouvelle en cours. Mardi, si tout va bien, je devrais pouvoir la poster.
Je vais essayer de vous fournir des PDF un peu plus classes que ce que j'ai mis mais je ne me risquerais pas à avancer une date...
Au chapitre des bonnes nouvelles, Melvin devrait me faire une illustration pour la nouvelle en cours, sous réserve que ça l'inspire, évidemment. Allez jeter un oeil sur son site pour voir quelques unes de ses illus : http://www.wtf-society.com/

mercredi 5 mai 2010

Les nouvelles du front

Bonjour à toutes et à tous,

La nouvelle que j'ai commencée la semaine passée évolue bien. Si le côté SF hypertechnologique se confirme, le style a viré dans le genre polar urbain. C'est le milieu carcéral duquel est issu le personnage principal qui me pousse dans ce type de vocabulaire et, ma foi, c'est un excellent exercice de style. Fidèle à ma mauvaise habitude, je l'ai peu originalement nommée "La promesse". Elle devrait être présente sur ce blog d'ici à dimanche.

Bonne journée !

samedi 1 mai 2010

Bonjour à toutes et tous !

Je suis en train de pondre une sympathique nouvelle. Fortement SF, elle part d'un questionnement sur l'éthique technologique qui m'habite depuis assez longtemps. Le personnage principal est un détenu fraîchement libéré qui tient une promesse qu'il a faite en prison. Le texte est d'ores et déjà très technologique donc, pour ceux que cela rebuterait, lisez-la quand même ;-)Je devrais l'avoir finie dans une petite semaine.

Et si vous aviez quelques commentaires à faire sur les deux nouvelles que j'ai déjà mises à disposition, vous pouvez en poster sans être membre de ce blog.

Bonne nuit !