Bonjour à toutes et à tous !
En cette magnifique journée, j'aimerais rendre hommage à la pluie bienfaitrice et reposante, génératrice de renouveau, lavement suprême d'un passé aride et peu enneigé (un roulement de tambour ou un éclair vengeur seraient maintenant adéquats, faites l'ambiance a capella en cas de non-coopération météorologique). Toute cette tirade, quasi un éloge dithyrambique, pour vous dire que j'hésite à mettre des bottes et a bravement sauter dans toutes les gouilles qui se présenteront.
Pour revenir à la réalité (pour la normale, vous vous êtes manifestement trompé de blog), ma productivité littéraire baisse, de manière inversement proportionnelle à mon rythme de lecture. Comme les plus attentives et attentifs d'entre vous l'auront remarqué, je me suis mis à partager mes lectures, espérant ainsi vous inciter à lire quelque chose de plus consistant que mes posts. La SF est un monde gigantesque et, comme dans tout monde, quelques-uns sortent du lot, en bien ou en mal, alors que certains sont déjà des classiques incontournables. La deuxième raison qui me fait agir tient au fait tout simple que la SF, après avoir été un genre bâtard puis un genre littéraire à part entière, est, à l'image de toute la production "artistique" mondiale, en train de prendre le chemin de la facilité.
En effet, le cinéma ayant phagocyté en grande partie ce courant, on confond allégrement décor grandiose avec qualité et on se retrouve avec des navets navrants qui font passer les fans de SF pour des adolescents (et quelques adolescentes, plus rares) attardés et naïfs. Pour quelqu'un comme moi, et je ne suis de loin pas le seul, qui utilise la SF comme une expérience permanente, cette vision convenue de la SF est non seulement démodée, mais aberrante. De tout temps, des Humains se sont interrogés sur leurs possibles futurs, imaginant allégrement technologies, modèles sociétaux ou spiritualité. Les meilleurs d'entre nous extrapolent à partir de ce que nous pensons être le monde, illusion à la fois consensuelle et personnelle.
Je pense que la SF est un courant profondément humain qui répond à nos espoirs et à nos craintes. La plupart des écrivains de SF actuels sont bien documentés, ou du moins largement documentés, et leurs extrapolations, à défaut d'être certaines, sont enrichissantes et éducatives.
En dernier lieu, la SF est une excellente plateforme de contestation. Il nous est facile de critiquer un système (en l'occurrence le nôtre) en le faisant d'un avenir lointain, ce qui nous permet de considérer notre passé de manière directe. Ainsi la SF ne dévoile rien que nous ne sachions déjà sur le présent, mais exploite ses dérives jusqu'au bout, ce que l'humanité s'apprête visiblement à faire dans tous les cas.
En bref, lisez de la SF, de grandes idées y ont été développées, d'excellents écrivains s'y sont dévoilé. Ne dédaignez pas ce style, particulièrement si vous prenez Dan Brown pour un bon écrivain. Ou faites mieux encore, écrivez-en et faites-nous partager vos visions, quelles qu'elles soient.
Et surtout, bonnes lectures !
mardi 31 mai 2011
lundi 30 mai 2011
SF chronicles
Bonjour à toutes et à tous !
Aujourd'hui, je sors légèrement du cadre pour vous parler non pas d'un roman SF mais d'une série : "Les annales du Disque-Monde" de Terry Pratchett.
Cette série est une saga de Fantasy, non, ne vous enfuyez pas, burlesque. En substance, il faut s'imaginer l'habituel bestiaire fantastique (troll, nain, vampire et autres joyeusetés)qui vivent des aventures à la fois loufoques et pertinentes (j'y reviendrai).
A l''origine, Terry Pratchett avait écrit les premiers volumes par dérision par rapport aux romans de Larry Niven, dont j'avais déjà présenté "L'annneau-monde". L'idée était de ridiculiser le cadre "scientifique" des auteurs de SF. Pratchett a donc conçu un monde "physiquement fonctionnel", un monde en forme de disque juché sur les dos de quatre éléphants eux-mêmes debout sur une tortue aux dimensions planétaires qui nage dans les espaces infinis. C'est un monde de magie et de rois, de héros et de victimes : comme d'hab, quoi !
Ce qui fait la particularité de cette série, c'est l'humour typiquement anglais qui parsème ses textes, voire même qui tend des embuscades au lecteur inconscient. L'autre particularité est que Terry Pratchett se sert de son univers à l'air innocent pour critiquer férocement tout ce que l'humanité estime être la civilisation (les bouchons, le racisme, le football...) avec une subtilité désarmante. Les intrigues restent intrinsèquement passionnantes et, un peu comme dans un film de Tarantino, les dialogues valent leur pesant de rigolades.
L'auteur maîtrise tous les genres : de l'horreur en passant par le conte, du récit contemplatif au roman policier. Les personnages récurrents sont à la fois attachant et ridicule, comme La Mort essayant de fournir un service plus personnel au moment du trépas ou le Patricien Veterini, tyran de la plus grande ville du disque qui a pour devise "Si crime il y a, autant l'organiser".
L'auteur en a pondu une trentaine, de qualité ascendante dans la complexité des intrigues mais plutôt stable dans la qualité stylistique, ainsi qu'une dizaine d'autres romans. De loin un de mes auteurs préférés, tout style confondu.
Pour nos amis fribourgeois, n'hésitez pas à m'en emprunter un au cas où vous me croiseriez. Pour tous les autres, l'auteur est tellement connu dans le milieu que toute bibliothèque digne de ce nom en possède un grand nombre.
Bonnes lectures à toutes et à tous !
Aujourd'hui, je sors légèrement du cadre pour vous parler non pas d'un roman SF mais d'une série : "Les annales du Disque-Monde" de Terry Pratchett.
Cette série est une saga de Fantasy, non, ne vous enfuyez pas, burlesque. En substance, il faut s'imaginer l'habituel bestiaire fantastique (troll, nain, vampire et autres joyeusetés)qui vivent des aventures à la fois loufoques et pertinentes (j'y reviendrai).
A l''origine, Terry Pratchett avait écrit les premiers volumes par dérision par rapport aux romans de Larry Niven, dont j'avais déjà présenté "L'annneau-monde". L'idée était de ridiculiser le cadre "scientifique" des auteurs de SF. Pratchett a donc conçu un monde "physiquement fonctionnel", un monde en forme de disque juché sur les dos de quatre éléphants eux-mêmes debout sur une tortue aux dimensions planétaires qui nage dans les espaces infinis. C'est un monde de magie et de rois, de héros et de victimes : comme d'hab, quoi !
Ce qui fait la particularité de cette série, c'est l'humour typiquement anglais qui parsème ses textes, voire même qui tend des embuscades au lecteur inconscient. L'autre particularité est que Terry Pratchett se sert de son univers à l'air innocent pour critiquer férocement tout ce que l'humanité estime être la civilisation (les bouchons, le racisme, le football...) avec une subtilité désarmante. Les intrigues restent intrinsèquement passionnantes et, un peu comme dans un film de Tarantino, les dialogues valent leur pesant de rigolades.
L'auteur maîtrise tous les genres : de l'horreur en passant par le conte, du récit contemplatif au roman policier. Les personnages récurrents sont à la fois attachant et ridicule, comme La Mort essayant de fournir un service plus personnel au moment du trépas ou le Patricien Veterini, tyran de la plus grande ville du disque qui a pour devise "Si crime il y a, autant l'organiser".
L'auteur en a pondu une trentaine, de qualité ascendante dans la complexité des intrigues mais plutôt stable dans la qualité stylistique, ainsi qu'une dizaine d'autres romans. De loin un de mes auteurs préférés, tout style confondu.
Pour nos amis fribourgeois, n'hésitez pas à m'en emprunter un au cas où vous me croiseriez. Pour tous les autres, l'auteur est tellement connu dans le milieu que toute bibliothèque digne de ce nom en possède un grand nombre.
Bonnes lectures à toutes et à tous !
jeudi 19 mai 2011
SF chronicles
Bonjour à toutes et à tous !
Actuellement, je lis plus que j'écris... M'étant remis à lire le recueil de nouvelles "Océanique" de Greg Egan, je maintiens que cet auteur est un très grand. Il est cependant réservé à ceux d'entre nous qui ont de solides connaissances en math, physique et informatique au minimum, sinon il reste difficile de savourer à leur juste valeur les extrapolations issues de ces sciences. Néanmoins, les explications sont détaillées et finalement compréhensibles par ceux qui y mettront un minimum d'énergie.
Cela étant dit, ce recueil de nouvelle fait suite à "Axiomatique", un recueil de nouvelles un peu moins long. Au niveau des sujets, l'auteur a une imagination foisonnante : la foi mise en équations chimiques, les problèmes d'univers multiples, l'intelligence artificielle, la mécanique quantique dans tous ses états...
A chaque nouvelle, les personnages étonnent par leur réalité : ils pourraient être nous-mêmes. La finesse d'écriture, particulièrement dans le sens ou le traducteur fait un vrai travail participatif, est délicieuse, d'une clarté limpide qui permet une complexification notable des trames.
D'autre part, son futur semble si réaliste, si loin des space-opéra héroïques que l'on se prend à s'imaginer réellement comment on vivrait dans un tel cadre. Je me permettrai d'ailleurs de citer en ce sens un autre de ses ouvrages "La cité des permutants", qui m'a d'ailleurs fait découvrir cet auteur. Un roman à lire pour les fans de réalité virtuelle et du potentiel presque inquiétant de ces technologies.
Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous
Actuellement, je lis plus que j'écris... M'étant remis à lire le recueil de nouvelles "Océanique" de Greg Egan, je maintiens que cet auteur est un très grand. Il est cependant réservé à ceux d'entre nous qui ont de solides connaissances en math, physique et informatique au minimum, sinon il reste difficile de savourer à leur juste valeur les extrapolations issues de ces sciences. Néanmoins, les explications sont détaillées et finalement compréhensibles par ceux qui y mettront un minimum d'énergie.
Cela étant dit, ce recueil de nouvelle fait suite à "Axiomatique", un recueil de nouvelles un peu moins long. Au niveau des sujets, l'auteur a une imagination foisonnante : la foi mise en équations chimiques, les problèmes d'univers multiples, l'intelligence artificielle, la mécanique quantique dans tous ses états...
A chaque nouvelle, les personnages étonnent par leur réalité : ils pourraient être nous-mêmes. La finesse d'écriture, particulièrement dans le sens ou le traducteur fait un vrai travail participatif, est délicieuse, d'une clarté limpide qui permet une complexification notable des trames.
D'autre part, son futur semble si réaliste, si loin des space-opéra héroïques que l'on se prend à s'imaginer réellement comment on vivrait dans un tel cadre. Je me permettrai d'ailleurs de citer en ce sens un autre de ses ouvrages "La cité des permutants", qui m'a d'ailleurs fait découvrir cet auteur. Un roman à lire pour les fans de réalité virtuelle et du potentiel presque inquiétant de ces technologies.
Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous
mardi 17 mai 2011
SF chronicles
Bonjour à toutes et à tous !
Conscient que ma fréquence de messages est trop petite, je vous propose une nouvelle rubrique. SF chronicles relatera mes dernières lectures, qu'elles soient SF ou non, dans le but de vous donner envie de découvrir mon monde littéraire. Il va de soi que j'attends avec plaisir des propositions de lecture.
Le premier livre que je tiens à vous présenter est "L'anneau-monde" de Niven. Dans ce livre de SF dure (dans l'espace avec des extraterrestres, en gros), deux Humains, un représentant d'une race que l'on croyait alors disparue, les Marionettistes, race presque trop circonspecte, et un Kzin, une sorte de gigantesque chat bipède et belliqueux, doivent faire équipe. Le but qu'ils poursuivent est de rencontrer si possible les créateurs d'une immense structure spatiale découverte par hasard par les Marionettistes : un anneau apparemment habitable entourant une étoile.
En remettant en perspective, on voit que l'auteur exploite le concept de sphère de Dyson avec bonheur. Le fait que le livre soit ancien a pour conséquence principale que l'héroïne est franchement nunuche et peu crédible. L'auteur apprécie visiblement la physique et essaie de rendre ses créations spatiales cohérentes. Avec plus ou moins de bonheur.
Les intrigues parallèles sont fouillées et extrêmement plaisantes et les principales et éternelles questions de la SF y sont traitées avec tact et logique. Les personnages, en en exceptant l'héroïne, sont bien construits sans être caricaturaux.
En définitive, j'ai beaucoup apprécié ce roman, qui se lit facilement et ne cède pas au travers classique de se perdre en explications scientifiques vaseuses. On sent vite que les questions d'ordre morales (racisme, limites de la science ou de l'intervensionnisme...) ont été le moteur de l'écriture de ce livre. Les idées sont fouillées profondément et il est difficile de contrecarrer nombre de concepts de l'auteur.
Je conseillerais ce livre aux fans d'Asimov, mais plus encore aux fans de Dick voire de Van Vogt, en ce sens que la science n'est qu'un cadre à des réflexions sur l'avenir de l'Homme.
Bonnes lectures à toutes et à tous !
Conscient que ma fréquence de messages est trop petite, je vous propose une nouvelle rubrique. SF chronicles relatera mes dernières lectures, qu'elles soient SF ou non, dans le but de vous donner envie de découvrir mon monde littéraire. Il va de soi que j'attends avec plaisir des propositions de lecture.
Le premier livre que je tiens à vous présenter est "L'anneau-monde" de Niven. Dans ce livre de SF dure (dans l'espace avec des extraterrestres, en gros), deux Humains, un représentant d'une race que l'on croyait alors disparue, les Marionettistes, race presque trop circonspecte, et un Kzin, une sorte de gigantesque chat bipède et belliqueux, doivent faire équipe. Le but qu'ils poursuivent est de rencontrer si possible les créateurs d'une immense structure spatiale découverte par hasard par les Marionettistes : un anneau apparemment habitable entourant une étoile.
En remettant en perspective, on voit que l'auteur exploite le concept de sphère de Dyson avec bonheur. Le fait que le livre soit ancien a pour conséquence principale que l'héroïne est franchement nunuche et peu crédible. L'auteur apprécie visiblement la physique et essaie de rendre ses créations spatiales cohérentes. Avec plus ou moins de bonheur.
Les intrigues parallèles sont fouillées et extrêmement plaisantes et les principales et éternelles questions de la SF y sont traitées avec tact et logique. Les personnages, en en exceptant l'héroïne, sont bien construits sans être caricaturaux.
En définitive, j'ai beaucoup apprécié ce roman, qui se lit facilement et ne cède pas au travers classique de se perdre en explications scientifiques vaseuses. On sent vite que les questions d'ordre morales (racisme, limites de la science ou de l'intervensionnisme...) ont été le moteur de l'écriture de ce livre. Les idées sont fouillées profondément et il est difficile de contrecarrer nombre de concepts de l'auteur.
Je conseillerais ce livre aux fans d'Asimov, mais plus encore aux fans de Dick voire de Van Vogt, en ce sens que la science n'est qu'un cadre à des réflexions sur l'avenir de l'Homme.
Bonnes lectures à toutes et à tous !
mardi 10 mai 2011
Dernière nouvelle
Bonjour à tous et à toutes !
La voici, cette nouvelle que j'ai tant tardé à fournir. Il faut dire que le sujet ne m'était pas familier et que j'ai dû, à mon corps défendant, ça va de soi, subir un nombre considérable de propos de supporter décousus, tailler dans la masse, puis me dire qu'en fin de compte, je ferais, comme d'habitude, ce que je voudrais.
Le résultat est cette petite nouvelle que je trouve relativement fraîche. Je n'ai pas vraiment mis l'accent sur le football, ne m'en servant que comme cadre. Je me suis dit que le public SF étant déjà peu large, la probabilité que le lecteur soit en plus un fan du ballon rond paraissait faible. Comme la nouvelle est peu technique, utiliser un charabia footballistique n'aurait rien amené de plus.
J'attends avec impatience vos suggestions et vos idées pour de prochaines nouvelles.
Mon autre nouvelle est en cours de finition mais elle ne me convint pas pour l'instant. Mon deuxième roman avance en suivant son petit bonhomme de chemin.
Bonnes lectures à tous et à toutes !
La voici, cette nouvelle que j'ai tant tardé à fournir. Il faut dire que le sujet ne m'était pas familier et que j'ai dû, à mon corps défendant, ça va de soi, subir un nombre considérable de propos de supporter décousus, tailler dans la masse, puis me dire qu'en fin de compte, je ferais, comme d'habitude, ce que je voudrais.
Le résultat est cette petite nouvelle que je trouve relativement fraîche. Je n'ai pas vraiment mis l'accent sur le football, ne m'en servant que comme cadre. Je me suis dit que le public SF étant déjà peu large, la probabilité que le lecteur soit en plus un fan du ballon rond paraissait faible. Comme la nouvelle est peu technique, utiliser un charabia footballistique n'aurait rien amené de plus.
J'attends avec impatience vos suggestions et vos idées pour de prochaines nouvelles.
Mon autre nouvelle est en cours de finition mais elle ne me convint pas pour l'instant. Mon deuxième roman avance en suivant son petit bonhomme de chemin.
Bonnes lectures à tous et à toutes !
lundi 9 mai 2011
Une nouvelle footballistique à supporter !
FINALE FURIOSO
Pour Romain, grand ami et supporter
« Le football n'est pas une question de vie ou de mort, c'est beaucoup plus important que ça. » W.Shankly (fooballeur et entraîneur écossais)
1.Dans les vestiaires
« Trente minutes » hurla un quelconque officiel, l'écho rebondissant sur les murs de béton du vestiaire. Encore trente minutes à ronger son frein dans les vestiaires. Trente minutes à patienter dans l'ambiance de testostérone et de vieille sueur rance qui était son prologue à la vraie vie depuis toujours. John Travers était assis sur son siège, se pénétrant de tout ce cirque, s'y baignant. Le coach, Sir Arthur Crowley, finissait de se préparer en ingurgitant du courage et de la motivation pharmaceutique à dose industrielle. Da Silva priait dans son coin, devant des cierges pontificaux crachotant, aussi allumés que le bonhomme. Le gardien, Harald Schurmann, regardait dans le vague en murmurant pour lui-même, comme un boxeur au coin du ring, ressassant sa haine, la transformant en volonté inébranlable. John observait ces rituels, il les intégrait à son esprit de combattant opportuniste.
John Travers était le meilleur buteur du championnat anglais depuis trois saisons, une bête de course associée à un technicien hors pair, étonnamment intelligent pour un footballeur professionnel. Il avait fièrement arboré les couleurs de Chelsea, pendant presque huit ans. Ce match était le plus important de sa carrière car c'était le dernier pour lui : « Ô rage, ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie... ». Comme la plupart des Humains, son intérêt pour le football s'émoussait, érodé par la supériorité écrasante des Draazis sur le terrain. Comme si les extraterrestres, au demeurant pacifiques, les avaient violés dans leur intégrité de sportifs et, par-là même, dans leur fierté d'être humain.
Quand les Draazis avait débarqué sur Terre dans leurs gigantesques nefs spatiales, ils avaient sauvé l'Humanité. En effet, le fait qu'ils soient très proches de l'Humain -bipèdes, bisexués, symétriques et de même taille- avait resserré les liens entre les Humains, translatant racismes et nationalismes pour les recentrer sur les seuls extraterrestres à peau bleue. D'autre part, les Draazis avaient revitalisé l'économie terrestre en lui offrant à la fois de nouveaux débouchés et de nouvelles technologies plus favorables à notre environnement, évitant ainsi l'effondrement inévitable, et par ailleurs bien entamé, de notre économie basée sur l'impossible rétroaction positive.
Les Draazis s'étaient énormément intéressés au mode de vie des Terriens et, au grand dam des « intellectuels » terriens, s'étaient énormément concentrés sur les sports de compétitions terriens. Ils s'étaient pris de passion pour le football, se désintéressant rapidement des autres sports sans que l'on puisse comprendre pourquoi. Rapidement, ils s'étaient lancés et avaient mis sur pied une ligue dans leur lointaine confédération planétaire. Le sport en tant que loisir n'existait pas dans leur confédération bien plus investie dans les disciplines de l'esprit, qu'elles soient scientifiques ou artistiques. On y voyait les activités physique comme une médecine fastidieuse destinée à maintenir son corps au maximum de ses fonctionnalités.
Lire la suite... :
Pour Romain, grand ami et supporter
« Le football n'est pas une question de vie ou de mort, c'est beaucoup plus important que ça. » W.Shankly (fooballeur et entraîneur écossais)
1.Dans les vestiaires
« Trente minutes » hurla un quelconque officiel, l'écho rebondissant sur les murs de béton du vestiaire. Encore trente minutes à ronger son frein dans les vestiaires. Trente minutes à patienter dans l'ambiance de testostérone et de vieille sueur rance qui était son prologue à la vraie vie depuis toujours. John Travers était assis sur son siège, se pénétrant de tout ce cirque, s'y baignant. Le coach, Sir Arthur Crowley, finissait de se préparer en ingurgitant du courage et de la motivation pharmaceutique à dose industrielle. Da Silva priait dans son coin, devant des cierges pontificaux crachotant, aussi allumés que le bonhomme. Le gardien, Harald Schurmann, regardait dans le vague en murmurant pour lui-même, comme un boxeur au coin du ring, ressassant sa haine, la transformant en volonté inébranlable. John observait ces rituels, il les intégrait à son esprit de combattant opportuniste.
John Travers était le meilleur buteur du championnat anglais depuis trois saisons, une bête de course associée à un technicien hors pair, étonnamment intelligent pour un footballeur professionnel. Il avait fièrement arboré les couleurs de Chelsea, pendant presque huit ans. Ce match était le plus important de sa carrière car c'était le dernier pour lui : « Ô rage, ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie... ». Comme la plupart des Humains, son intérêt pour le football s'émoussait, érodé par la supériorité écrasante des Draazis sur le terrain. Comme si les extraterrestres, au demeurant pacifiques, les avaient violés dans leur intégrité de sportifs et, par-là même, dans leur fierté d'être humain.
Quand les Draazis avait débarqué sur Terre dans leurs gigantesques nefs spatiales, ils avaient sauvé l'Humanité. En effet, le fait qu'ils soient très proches de l'Humain -bipèdes, bisexués, symétriques et de même taille- avait resserré les liens entre les Humains, translatant racismes et nationalismes pour les recentrer sur les seuls extraterrestres à peau bleue. D'autre part, les Draazis avaient revitalisé l'économie terrestre en lui offrant à la fois de nouveaux débouchés et de nouvelles technologies plus favorables à notre environnement, évitant ainsi l'effondrement inévitable, et par ailleurs bien entamé, de notre économie basée sur l'impossible rétroaction positive.
Les Draazis s'étaient énormément intéressés au mode de vie des Terriens et, au grand dam des « intellectuels » terriens, s'étaient énormément concentrés sur les sports de compétitions terriens. Ils s'étaient pris de passion pour le football, se désintéressant rapidement des autres sports sans que l'on puisse comprendre pourquoi. Rapidement, ils s'étaient lancés et avaient mis sur pied une ligue dans leur lointaine confédération planétaire. Le sport en tant que loisir n'existait pas dans leur confédération bien plus investie dans les disciplines de l'esprit, qu'elles soient scientifiques ou artistiques. On y voyait les activités physique comme une médecine fastidieuse destinée à maintenir son corps au maximum de ses fonctionnalités.
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vendredi 6 mai 2011
Les nouvelles du front
Bonjour à toutes et à tous !
Ma nouvelle footballistique est quasiment terminée et, contre toute attente, ce projet m'a vraiment enthousiasmé. Les gens qui me connaissent personnellement savent que je ne suis pas un grand fan de sport télévisuel et que les événements de la planète football me laissent généralement indifférent. Contrairement aux salaires indus des gars courant après une vessie gonflable améliorée. Pourtant, le sujet est vaste car il ne se limite pas au terrain. En effet, entendre argumenter un supporter est de l'ordre de la SF voire parfois du récit de terreur pure.
L'autre nouvelle avance plus lentement, dans la mesure où j'essaie d'y introduire une pointe d'érotisme. L'érotisme, ou de manière générale l'amour, est pour moi la chose la plus difficile à écrire. Il est difficile de ne tomber ni dans la mièvrerie la plus totale ni dans la description scientifique. Cela prendra donc un peu de temps avant que je sois satisfait du résultat.
Sautant de Charbyde en Scylla (ça fait frime, non ?), je me dois de remercier la sympathique personne qui a pondu une bonne critique de mon livre que vous trouverez là : http://www.murmures.info/index.php?kro=8053&action=view
Bonnes lectures à toutes et à tous !
Ma nouvelle footballistique est quasiment terminée et, contre toute attente, ce projet m'a vraiment enthousiasmé. Les gens qui me connaissent personnellement savent que je ne suis pas un grand fan de sport télévisuel et que les événements de la planète football me laissent généralement indifférent. Contrairement aux salaires indus des gars courant après une vessie gonflable améliorée. Pourtant, le sujet est vaste car il ne se limite pas au terrain. En effet, entendre argumenter un supporter est de l'ordre de la SF voire parfois du récit de terreur pure.
L'autre nouvelle avance plus lentement, dans la mesure où j'essaie d'y introduire une pointe d'érotisme. L'érotisme, ou de manière générale l'amour, est pour moi la chose la plus difficile à écrire. Il est difficile de ne tomber ni dans la mièvrerie la plus totale ni dans la description scientifique. Cela prendra donc un peu de temps avant que je sois satisfait du résultat.
Sautant de Charbyde en Scylla (ça fait frime, non ?), je me dois de remercier la sympathique personne qui a pondu une bonne critique de mon livre que vous trouverez là : http://www.murmures.info/index.php?kro=8053&action=view
Bonnes lectures à toutes et à tous !
lundi 2 mai 2011
Les nouvelles du front
Bonjour à toutes et à tous !
J'ai pris un peu de retard sur la rédaction de mes petites nouvelles (qui a dit comme d'habitude...). La faute en incombe à l'atmosphère alanguie d'un été en avance. Mon pauvre esprit paresse, entraînant mon corps sur des terrasses ensoleillées ou me conditionnant pour que je me vautre plus efficacement encore sur les vertes pelouses de nos trop rares espaces verts (encore plus rare si des crétins mercantiles viennent nous le recouvrir de tonnes de sable).
Enfin bref, je brûle des cierges à la cathédrale, je finance minarets et temples et je me mets à la danse de la pluie, puisque mon coeur saigne à l'idée insupportable de vous laisser dans le dénuement littéraire. Au vu de mes résultats neigeux de cet hiver, ces différentes méthodes semble être statistiquement nulles.
Enfin, j'admets volontiers que mon excuse est mauvaise, mais vous ne pourrez nier qu'elle a un certain panache. Et, pour écrire tout de même quelques mots utiles, les deux nouvelles devraient être disponible dans le courant de la semaine prochaine.
Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous
J'ai pris un peu de retard sur la rédaction de mes petites nouvelles (qui a dit comme d'habitude...). La faute en incombe à l'atmosphère alanguie d'un été en avance. Mon pauvre esprit paresse, entraînant mon corps sur des terrasses ensoleillées ou me conditionnant pour que je me vautre plus efficacement encore sur les vertes pelouses de nos trop rares espaces verts (encore plus rare si des crétins mercantiles viennent nous le recouvrir de tonnes de sable).
Enfin bref, je brûle des cierges à la cathédrale, je finance minarets et temples et je me mets à la danse de la pluie, puisque mon coeur saigne à l'idée insupportable de vous laisser dans le dénuement littéraire. Au vu de mes résultats neigeux de cet hiver, ces différentes méthodes semble être statistiquement nulles.
Enfin, j'admets volontiers que mon excuse est mauvaise, mais vous ne pourrez nier qu'elle a un certain panache. Et, pour écrire tout de même quelques mots utiles, les deux nouvelles devraient être disponible dans le courant de la semaine prochaine.
Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous
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