Citation du moment

"Ce n'est pas sous un régime totalitaire que la vérité est dangereuse, puisqu'elle n'existe pas. C'est dans les démocraties finissantes comme les nôtres qu'elle se transforme en poison, puisqu'elle devient relative."
M.G. Dantec in "Métacortex"

jeudi 16 juin 2011

Les nouvelles du front !

Bonjour à toutes et à tous !

En cette douce journée printanière, les orages grondant dans le lointain strié d'éclairs vengeurs, je me propose de vous tenir au courant de mes dernières activités littéraires et livresques.

Côté livre, j'ai retrouvé hier en bouquinerie "La nuit des temps" de Barjavel et je ne m'en lasse pas. Ce livre reste un roman de SF mythique dans la mesure où l'auteur arrive à y intégrer une double histoire d'amour d'une rare puissance. Sans verser dans le kitsch larmoyant d'adolescents enamourés, Barjavel sait distiller ce double amour impossible pour en faire une liqueur capiteuse. A lire ou à relire de toute urgence.

Côté écriture, force m'est d'admettre que je pétouille un peu, pour parler comme chez nous. Je n'ai malheureusement pas le talent de Barjavel pour l'aspect relationnel de mes personnages. En fait, je reste un peu coincé sur ma nouvelle en cours, visiblement incapable de la finir ou d'en commencer une autre. Comme j'ai la chance d'avoir à nouveau un weekend prolongé cette semaine, gageons que je sois capable de rentabiliser quelques heures en la finissant.

Dans tous les cas, cette nouvelle devrait être disponible d'ici peu sur ce blog. Lisez ou relisez les autres pour vous faire patienter et surtout, envoyez-moi vos remarques ou commentaires, c'est un grand service à me rendre pour que je progresse dans ce que j'apprécie le plus en tant que travail.

Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous !

mardi 14 juin 2011

SF chronicles

Bonjour à toutes et à tous !

Un bien long silence graphique a résonné sur ce blog, essentiellement parce que je voulais vous parler de Stéphane Beauverger et il fallait que je relise "Le Déchronologue". Je me suis laissé emporter et j'ai réavalé d'une traite la trilogie Chromozone.

Commençons chronologiquement par la trilogie Chromozone. Comme son nom l'indique, c'est une trilogie et elle parle du Chromozone. Romans de SF pure, dans la mouvance cyberpunk, ce triptyque relate un monde agonisant dans un futur pas si lointain. Un virus informatique, le Chromozone, a été lancé par un groupe terroriste, ce qui a eu pour conséquence de détruire toutes nos technologies. Le virus, bien évidemment, arrive a muter pour s'implanter dans les Humains, les transformant en bêtes féroces. En toile de fond, de multiples micro-sociétés s'affrontent pour imposer leur idée d'un monde parfait, de la société "formative" au la plus obscure culture bretonne.

Rien ne semble donc très original dans le synopsis de ces romans. C'est en les lisant qu'on en exprime la sève ou que l'on tombe en admiration pour la qualité du style littéraire, la précision des mots et la justesse des images. Les personnages sont fouillés, pour la plupart très réalistes. Je mettrais néanmoins un petit bémol sur les "héroïnes" qui sont bien trop agressives à mon goût et que l'on dirait calquées sur les autres.

La fin est purement et simplement mythique. Probablement la meilleure fresque SF écrite en français à ma connaissance.

Puis, monsieur Beauverger écrit "Le Déchronologue"... Que dire à part énorme... Tout le monde, ou presque, connaît le Steampunk, courant cyberpunk centré sur l'époque le la vapeur. Ce roman déboule dans un tout nouveau genre et dans un tout nouveau cadre : le cadre en est la région des Caraïbes vers 1650. On y suit l'itinéraire alambiqué du capitaine Villon, pirate voire corsaire, dans sa quête des maravillas, de mystérieux objets comme des walkman, des médicaments ou des armes qui apparaissent dans la région.

Conçu comme un carnet de bord décousu, le livre est très agréable à lire, malgré le vocabulaire ancien choisi pour sa rédaction. Le sentiment durant la lecture est incroyable dans le sens où l'on lit un récit de forban tout en étant dans un livre de SF. Le résultat de ce travail est grandiose, on se prend à s'attacher au Grand Féfé de Dieppe, crevard dégénéré, et à ressentir le vent du large traverser le salon.

En résumé, un grand auteur à découvrir, maniant la langue avec habileté quel que soit le contexte. Un pur moment de plaisir livresque.

Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous !