Bonjour à toutes et à tous,
Le blog est donc reparti et j'espère que le contenu vous convient. Les nouvelles rubriques "Hallultérations" et "Autres rivages" me permettront de proposer davantage de contenus donc un rythme un peu plus soutenu que par le passé. L'idée était aussi de ne pas s'enfermer totalement dans la science-fiction, d'une part parce que je ne suis pas un spécialiste, et surtout parce que ce n'est pas très représentatif de ma propre personne.
Sur le front de la littérature, je présenterais Congo Pantin, de Philippe Curval, dont vous pourrez savourez quelques extraits dans mes citations du jour. C'est de la bonne SF à la française et j'ai beaucoup aimé. Comme annoncé, je parlerais de Terry Pratchett et de son Disque-Monde. Comme les annales du Disque-Monde sont une œuvre plutôt vaste (plus d'une trentaine de volumes traduits, je pense que le terme œuvre n'est pas usurpé), je préfère présenter le vaste monde loufoque qu'il a enfanté plutôt que de me focaliser sur un roman en particulier.
Du côté de ma production personnelle, j'ai fait l'erreur "de vite essayer un truc" sur la deuxième partie du petit cycle "Le projet", je n'aurais pas dû. Après des heures de méditations (en fait une chaîne de jurons qu'on pourrait à la rigueur voir comme un mantra inédit), j'ai réussi à trouver un compromis entre ma première version et ma nouvelle idée et le résultat sera publié vendredi au plus tard. La future nouvelle rubrique "Hexagrammes", cycle de nouvelles basés sur les 64 hexagrammes du Yi-King, est en bonne voie après une gestation complexe. La relative lenteur de la mise en route tient au fait que j'avais voulu initialement déléguer une partie du procédé de scénarisation et que les multiples changements d'avis qui en ont découlé ont été plus longs que prévu. Je suis par ailleurs plutôt content de ce petit décalage, ce travail demande de la subtilité et une certaine forme de douceur qui se développent assez mal dans l'urgence.
J'ai beaucoup de peine à trouver un film à vous présenter donc je vais probablement devoir puiser dans ma vidéothèque. J'hésitais encore, j'aimerais rester dans le domaine de la SF dans cette rubrique mais il est possible que je dépasse là encore ce cadre, sans compter que de nombreux film n'ont de SF que le contexte, comme "Predestination" que j'ai présenté dernièrement.
Il ne me reste plus qu'à espérer que vous profitez bien du printemps en avance. De mon côté c'est le cas puisque je me suis remis à l'escalade, histoire de prendre un peu de hauteur !
Bonnes lectures à toutes et à tous !
mardi 10 mars 2015
dimanche 1 mars 2015
AV
En ces jours de neige et en attendant
le soleil pour aller tracer de belles courbes sur les pentes
immaculées, il est parfois agréable de lézarder un peu sur son
canapé en savourant un bon film. C'est ce que je vais tenter de vous
proposer avec « Predestination » de Michael et Peter
Spierig. Contrairement à mon habitude, c'est un film très récent
que je présente puisqu'il est sorti en 2014. Au passage, présenter
des films qui ont quelques années n'était pas une stratégie
délibérée : il se trouve simplement que la plupart des posts
de cette rubrique est issue de discussion que je tiens avec des amis
ou autres connaissances. Quand elles ne connaissent pas ou que je ne
connais pas un film SF que l'un ou l'autre trouvent marquant, je
regarde à nouveau ou pour la première fois le long métrage et
j'écris un post pour ce blog. Je précise à nouveau que je ne
présente que ce que j'ai apprécié, je ne suis en aucun cas un
critique de cinéma ni même un amateur (disons qu'un scénario
exceptionnel peut me faire oublier bien des défauts).
Mais revenons à nos moutons
(électriques). « Predestination » est une adaptation
d'un bouquin de Robert A. Heinlein qui s'appelle « Vous les
zombies » dans la langue de Molière. Aux allergiques, je vous
rassure d'emblée, il n'y a aucun zombie dans cette histoire (sorry
Melvin, pas de zombies nazis, mais c'est tout de même un bon film).
Je précise que je n'ai pas lu le livre donc il va de soi que je ne
peux pas juger de la qualité de l'adaptation. Je dirais simplement
que le film m'a donné envie de le lire, puisqu'il semble certain que
je ne l'aurais jamais tiré d'une étagère avec un titre pareil :
c'est plutôt une bonne nouvelle.
Michael et Peter Spierig, les
réalisateurs et producteurs, sont des frères jumeaux d'origine
allemande qui réalisent avec « Predestination » leur
quatrième long métrage. Comme le reste de leur filmographie,
l'origine légale du film est australienne. Ils ont déjà fait un
film de zombies (pour ceux qui auraient une petite obsession) qui se
nomme « Undead » et un film de vampires, « Daybreakers ».
Le casting est à la hauteur des
ambitions des deux frères. Tout d'abord Ethan Hawke, qui avait par
ailleurs déjà joué dans « Daybreakers », leur film
précédent. Son rôle est mené de très grande manière, et il
serait un peu dommage de trop en dire. Je dois de plus bien admettre
que, depuis « Gattaca », j'attendais un bon rôle SF pour
cet excellent acteur. Ensuite Sarah Snook, très impressionnante dans
un rôle difficile. Actrice australienne, elle a tourné dans une
dizaine de films, particulièrement ces trois dernières années. Ce
rôle est bien porté et ceux qui verront le film comprendront ce que
je voulais dire par rôle difficile.
Ce film étant basé sur le voyage dans
le temps, je ne peux pas préciser sans y consacrer de très
nombreuses lignes à quelles époques se déroule l'action. En
revanche, je peux dire que le voyage dans le temps a été découvert
en 1981. On a en fait découvert un canal temporel qui, partant de
l'instant exact où il fut trouvé, permet de se rendre d'au maximum
53 ans dans le passé ou le futur. Comme de juste, une forme de
« police temporelle » a été constituée, les agents
essayant d'éviter de grandes catastrophes. Jusque-là, rien de bien
original, me direz-vous, mais c'était jusque-là.
Le film suit les pas de John (Ethan
Hawke), agent temporel en fin de course. En fin de course car le
voyage dans le temps a un prix : on perd a chaque voyage une
partie de soi et une psychose grave n'est pas impossible en cas
d'abus. C'est pourquoi John va devoir s'arrêter. Sa dernière
affaire l'amène sur les traces d'un terroriste new-yorkais surnommé
« Le Plastiqueur ».
Au vu de ses derniers indices, il
devient barman pour guetter une personne dont il sait qu'elle sera
utile. C'est alors que rentre et s'assoit un homme au comptoir (Sarah
Snook) et qu'une conversation va commencer. Cet homme va raconter son
étrange destin, de petite fille abandonnée aux jours d'aujourd'hui.
Ce récit, sous forme de flashbacks successifs, est d'une intensité
poignante, l'histoire de cet humain est terrible. Pauvre hère tout
seul et ô combien différent !Puis John lui donnera la
possibilité de changer son destin.
Malgré tout ses efforts, il ne
parviendra pas à l'arrêter avant la fin de son mandat, bien qu'à
chaque voyage ses indices se soient de plus en plus focalisés sur un
coupable potentiel. John prend donc sa retraite : pour un telle
personne, qui n'a en fin de compte aucun passé nulle part, elle
prend la forme d'un choix d'une destination spatio-temporelle où
l'agent peut finir ses jours comme un humain parmi les autres. Sa
dernière enquête inachevée, il décide de prendre sa retraite a
une date légèrement antérieure à celle de l'attentat qu'il a
échoué à empêcher, se laissant ainsi une ultime chance.
Le scénario est excellent, même si ma
petite présentation de l'entame semble peu originale : en fait
je ne tiens pas trop à vous gâcher le film en vous dévoilant des
mécanismes ou une construction scénaristique. L'exploitation du
voyage dans le temps est incroyable et la question de la
vraisemblance du scénario devrait vous occuper un instant. L'image
est très élégante, assez figée et bien travaillée. La musique
est intéressante, particulièrement dans la mesure où elle suit les
époques et sert autant au réalisme de l'ambiance qu'à
l'accompagnement des scènes.
J'ai pris beaucoup de plaisir à
visionner ce film. D'une part parce que son rythme est agréable et
bien géré, d'autre part car il est rare de voir une aussi bonne
exploitation d'une idée on ne peut plus SF. De nombreux navets ont
été commis sur le voyage dans le temps, essentiellement parce que
des gens un peu dépassés essaient d'expliquer le pourquoi du
comment. Dans « Predestination », l'explication
technologique n'existe pas et, franchement, elle est en fin de compte
sans le moindre intérêt. Le récit balaie rapidement les questions
que les plus ingénieurs d'entre nous pourraient se poser. On se
laisse emporter avec beaucoup de curiosités par la trame et ses
révélations.
Le film s'adresse à un public plutôt
adulte, plus pour l'aspect de la finesse du scénario que pour le
contenu visuel du film. Je le conseille très lourdement aux
personnes qui pensent ne pas aimer les films de science-fiction :
le film ne pourrait tout simplement pas exister sans le voyage dans
le temps mais c'est bien la seule chose qui soit SF dans cette
histoire (pas de laser et de vaisseaux qui détruisent des planètes,
promis). Les thématiques sont vastes : la différence et la
difficulté à se positionner parmi ses pairs, l'inéluctabilité du
destin opposée au libre arbitre, l'amour et la solitude… Le
traitement transtemporel des sujets les enrichit de points de vue à
la fois inhabituels et totalement adéquat. Un très bon moment à
voir par presque tous !
Bonnes lectures à toutes et à tous !
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