Chères lectrices, chers lecteurs !
Me prélassant actuellement en vacances, je profite des îlots épars de fraîcheur chichement disséminés dans cet océan de chaleur écrasante. J'ai dû donc mettre en route tous les artifices à disposition de l'homme moderne, de la terrasse à la bière bien frappée les pieds baignant paresseusement dans les flots azurés (en réalité verdâtres). Un livre à la main, cela va de soi.
Actuellement, je redigère "Rainbows End" de Vernor Vinge. Après réflexion, je dirais que cet auteur est moins proche de Greg Egan que je l'avais initialement cru. Bien que son futur technologique soit à la fois réaliste et terriblement novateur, je le trouve plus catastrophiste que son collègue australien. On sent aussi un vent d'inéluctabilité dans ses constructions scénaristiques, il se rapproche plus en cela de Silverberg. L'aspect inévitable est dû au fait que l'auteur se base sur le concept de singularité technologique. L'idée de base est que le nombre de composants sur un chipset double tous les 3 ans. On peut donc calculer quand le nombres de composants égalera puis dépassera le nombre de nos neurones. Certains théoriciens postulent qu'à ce moment-là, les technologies digitales seront potentiellement plus performante que leurs créateurs. Certains extrapolent même que notre civilisation disparaîtra car elle ne pourra plus contrôler sa technologie puisqu'elle dépassera sa capacité raciale de compréhension.
Par le fait, le monde décrit dans ce roman est à la fois terrifiant et fascinant. L'auteur imagine une société où chacun génère technologiquement ses propres mondes, en partageant certains et en en conservant d'autres. On suit l'histoire d'un vieux poète célébrissime qui se retrouve guéri d'Alzheimer par une thérapie génique. Complètement perdu dans ce nouveau monde qui ne connaîtra bientôt plus le papier ou l'écriture. Il se joint à une sorte de cabale visant à sauver une bibliothèque universitaire vouée à une numérisation passant par une destruction totale des livres, comme si on allait les numériser jusqu'à la pulpe.
Etonnamment, l'histoire parvient à être riche au niveau humain, particulièrement car Vernor Vinge joue admirablement entre les différentes conceptions du monde de ses protagonistes en jouant sur modernisme et anachronisme, sur le devoir et le libre arbitre...
Un très bonne surprise dans la mesure où je ne connaissais pas encore cet auteur. Il ne me reste plus qu'à piller une bibliothèque pour avaler le reste de sa bibliographie. Je ne le conseillerais qu'aux gens aimant réellement l'extrapolation technologique, essentiellement pour des questions de vocabulaire et de compétences techniques. Les fans d'Egan devraient tout simplement aaaaadorer.
Au passage, je devrais avoir fini ma nouvelle en cours ce weekend et je vous remercie pour votre patience.
D'ici là, bonnes lectures à toutes et à tous !
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