Citation du moment

"Ce n'est pas sous un régime totalitaire que la vérité est dangereuse, puisqu'elle n'existe pas. C'est dans les démocraties finissantes comme les nôtres qu'elle se transforme en poison, puisqu'elle devient relative."
M.G. Dantec in "Métacortex"

mardi 16 août 2011

Les nouvelles du front

Bonjour à toutes et à tous !

Quelques mots pour vous tenir au courant de mes activités récentes au niveau écriture. Dans un premier temps, je continue mon troisième roman, manuscrit serait plus exact, et j'optimise le manuscrit du deuxième. Le deuxième devrait être fini dans trois à quatre mois. Je ne fais pas de pronostic pour le troisième et dernier de ma trilogie. D'une part car il est difficile d'estimer précisément et d'autre part car les choix que j'ai fait au niveau technique complexifient considérablement son écriture.

Le second roman sera une suite lointaine du premier où des représentants de l'espèce humaine embarquée par les extraterrestres reviendra sur Terre et sera impliquée dans des évènements qui provoqueront la fin de notre vie actuelle. Le décor géopolitique est déjà familier à ceux qui ont lu mes nouvelles "La promesse", "Le dernier vol" et "Infiltration". Si vous ne les avez pas encore lues, cliquez frénétiquement sur les lignes idoines de la section "Nouvelles à télécharger".

Le troisième, qui se nomme provisoirement "La mort dans l'âme", sera plus une réflexion philosophique sur la finalité ou la non-finalité de l'humanité dans une perspective universelle et essentiellement multiraciale. Un des choix problématiques précédemment évoqués est que j'ai choisi d'écrire à la première personne, ce qui a des conséquences grammaticale et temporelle irritantes. J'avais déjà tenté ce type de narration dans ma nouvelle "La sélection" et j'avais déjà pu constater ce type de difficultés.

Au niveau de mes nouvelles, la cadence va un peu ralentir. on but actuel est de profiter de mon temps et d'avancer un maximum dans mes romans. Il va de soit que je tenterais tout de même d'en écrire l'une ou l'autre.

Dans tous les cas, bonnes lectures à toutes et à tous !

vendredi 12 août 2011

Dernière nouvelle

Bonjour à toutes et à tous !

Comme promis voire même en avance, ce qui prouve que peux même être surprenant, voici ma dernière nouvelle. Comme d'habitude, elle est téléchargeable et imprimable au format PDF, ce qui devrait contenter les gens qui, comme moi, n'aiment pas lire à l'écran.

Cette toute petite nouvelle (désolé Fred) est la dernière de ma série de nouvelles de fin du monde. Comme dans Time's up, c'est les extraterrestres qui nous éliminent (pour la bonne cause, je vous rassure).

Force m'est d'admettre que j'ai pris beaucoup de plaisir à chercher des fins du monde originales ou, au contraire, totalement convenues. Le sujet est malgré tout assez restreint et je me concentre actuellement sur le peaufinage de mon deuxième roman.

Je vous souhaite une excellente lecture et j'attends avec impatience vos commentaires. Dernière chose, mes citations du jour sont fortement orientées par mes lectures et devraient s'apolitiser prochainement.

Bonnes lectures à toutes et à tous !

Conservation

1.Autour du monde

Le commodore Var'Lush observait les dernières opérations préliminaires à la bonne tenue de son premier test grandeur nature. Le commodore était une intelligence brillante né dans un temps de guerre interstellaire. Il aurait probablement pu inventer une nouvelle sorte de poésie ou devenir un scientifique brillant et respecté. Les vicissitudes de la guerre l'avaient fait scientifique, en fin de compte, mais il exerçait ses multiples talents à l'élaboration de nouvelles armes. Ses capacités servaient la mort, il est juste de se demander ce qu'il aurait réalisé pour la vie.
Les mondes qu'habitaient sa race avaient régné sans partage sur leur secteur galactique. Ils avaient bâti un empire dans une bulle de vingt années-lumière de rayon. L'empire des Zzaad était invincible et nul ne pourrait jamais égaler ses réalisations technologiques et artistiques. Puis vinrent les Essaims. A dire vrai, nul n'avait jamais su comment ils se nommaient. Ou tout bonnement s'ils se donnaient un nom. On les avait nommé Essaim de par le simple fait que cette race insectoïde se déclinait en de nombreuses espèces différant du tout au tout. Chaque espèce semblait hautement spécialisée et ne paraissait pas avoir de rapport avec les autres espèces. Pour tout dire, ils n'émettaient aucun son. Ils arrivaient toujours en masse et s'abattaient sur une planète comme une nuée de parasites spécialisés effroyablement silencieux. Ils ne laissaient que de la roche stérile. Ils emportaient même l'atmosphère. La seule chose que l'on savait avec assurance était qu'ils étaient voraces, incroyablement voraces.
C'est ce trait de caractère spécifique qui avait frappé l'esprit fertile de Var'Lush. Il allait enfin pouvoir tester son projet en environnement réel. Les résultats obtenus en laboratoire était encourageant mais rien ne valait la confrontation avec la réalité. Le système stellaire du test avait été soigneusement choisi. L'espèce dominante avait un niveau de développement et un comportement très proche des insectes qui les assiégeaient. En cas de succès, il détruirait cette race mais c'était pour son peuple une question de vie ou de mort.
Le commodore émit un grognement satisfait quand le système stellaire fut complètement isolé du reste de l'Univers par une barrière gravitationnelle. Il contrôla que son vaisseau était lui aussi convenablement isolé. Comme les insectes, la race dominant cette planète n'était apparemment pas capable de repérer l'imposante frégate qu'il commandait. Il était temps de commencer l'expérience.
L'arme fut expulsée du vaisseau et mise en dehors de la zone d'influence de son champ de protection. Elle était minuscule par rapport au puissant vaisseau militaire. Elle avait la forme d'un cube de cinq mètres d'arête et son revêtement noir mat rendait son repérage visuel quasiment impossible. Les visages de l'équipage se crispèrent quand l'arme se mit en fonction. Sans être désagréables, les vibrations émises par l'appareil leur donnait l'impression que leur colonne vertébrale vibrait, plus particulièrement au niveau de leur queue. Grâce à la barrière protectrice érigée autour de leur astronef, c'était les seuls effets qui les atteindraient. L'attente commençait.

2.Espoirs et désirs

« Dépêche-toi un peu ! glapit une voix lasse et aigrelette. « Tu es pire que ta fille dans la salle de bain. » Alain Scherrer soupira en entendant sa femme. Vingt ans que ce rituel se répétait tous les matins. Les premiers temps, Emilie le comparaît à sa petite sœur. Alain arrêta la douche en pensant aux mille et une possibilités que lui fourniraient une bonne hache, deux paires de menottes et sa femme. Il sortit de la cabine de douche en se séchant plus vigoureusement que nécessaire, un petit sourire ravi à l'idée des multiples angles d'attaque. C'est alors qu'un détail hors de propos attira son regard. Une hache était posée sur la table supportant cet horrible lavabo qu'Emilie avait trouvé si mignon. Une magnifique cognée en bois de frêne doté d'une tête en métal noir mat. A côté, bien en évidence, deux paires de menottes chromées.
Alain posa un regard ahuri sur les objets incongrus. Puis la lumière se fit dans son esprit : Emilie, ça ne pouvait être qu'elle ! Il devait parler dans son sommeil et elle avait voulu lui faire une mauvaise blague. Dieu que cette femme lui pourrissait la vie, elle ne méritait qu'un bon coup de fusil de chasse entre les deux yeux. Furieux et sa journée gâchée à peine entamée, il s'habilla. C'est en nouant sa cravate qu'il aperçut un éclat inhabituel dans le miroir. Il se retourna et sa respiration s'arrêta. Le fusil de chasse était appuyé contre la chasse d'eau. Un fusil magnifique, bois précieux, damasquinerie de bon goût et mécanique de précision. Il devait valoir une fortune : l'arme d'un milliardaire fanatique de chasse qui devait même posséder ses propres réserves.
Complétement hypnotisé, Alain s'avança comme un robot vers le fusil. Mécaniquement, il l'ouvrit pour constater que l'arme était chargée : de la munition pour très gros gibier. La première surprise passée, il fut bien obligé de constater que sa femme n'avait pas pu lui jouer ce tour. Il ne croyait pas au surnaturel et il lui fallut un long moment pour envisager que c'était peut-être lui qui avait développé un pouvoir. Si Alain ne croyait pas au surnaturel, le monde des super-héros lui était familier.
A titre d'essai, il imagina un billet de mille francs. Qui se trouva inexplicablement sur la tablette du miroir quand il se retourna. Sa première impulsion fut de ne rien dire à sa femme, sa seconde de ne rien dire à personne. Ses lectures super-héroïques lui montraient clairement son avenir, répandu dans une centaine de bocal de formol. Comme Batman ou Spiderman, il se devait de garder l'anonymat. Il se colla une expression neutre sur le visage, ce qui lui parut être un effort pour la première fois depuis bien longtemps. Il sortit de la maison, monta dans sa voiture et s'en fut à son travail, des idées de grandeur grondant dans sa tête. Il ne nota par conséquent pas que la voiture de sa femme était toujours dans le garage.

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mercredi 10 août 2011

SF chronicles

Bonjour à toutes et à tous !

Tout d'abord, des salutations s'imposent pour mes nouveaux visiteurs valaisans qui découvrent ce blog. Je ne peux qu'espérer qu'il leur sera plaisant.

Cela étant dit, passons à l'objet premier de ce post. En fouillant avidement dans une bouquinerie, j'ai découvert un superbe roman de Brian Aldiss, "Croisière sans escale". On ne présente plus l'auteur, célébrissime pour sa quadrilogie "Helliconia".

Après une entame déroutante où l'on suit les tribulations d'une tribu survivant dans une forêt de "poniques" peuplée d'animaux bien terriens, on retombe vite sur nos pieds en réalisant que cette étrange forêt est en fait contenue dans un gigantesque vaisseau spatial.

Le héros s'enfuit de sa tribu, entrainé par le prêtre du village. A ce stade, un mot s'impose sur la très originale religion que développe Brian Aldiss. Entièrement basée sur la psychanalyse, elle impose d'exprimer ses émotions, quelles qu'elles soient.

La trame narrative est classique et parfaitement adaptée au récit qui livre peu à peu ses secrets, jusqu'à un final à la fois inéluctable et horrifiant. L'identification aux personnages est excellentes et, mise à part l'inévitable histoire d'amour, l'écriture est fluide et agréable dans la traduction.

Un excellent livre de plage, ou de terrasse...

Dans un tout autre registre, je viens de terminer une excellente biographie de Terence Edward Lawrence, plus connu sous son surnom de Lawrence d'Arabie. "Lawrence d'Arabie, le lévrier fatal, 1888-1935" par Vincent Mansour-Monteil lève quelques voiles sur l'histoire picaresque de ce quasi-mythe.

Ayant lu "Les sept piliers de la sagesse" de TEL lui-même, on est peu surpris au niveau de l'homosexualité de ce héros, manifeste dans les Sept piliers. Plus surprenante est l'incorrigible habitude de TEL de tirer la couverture à lui, voire même d'inventer purement et simplement des faits. Evidemment, on s'en doute, notamment à cause des distances fantaisistes parcourues en chamelles ou au plus que douteux récit de son viol. Néanmoins, nombre de faits relatés dans les Sept piliers sont très largement corroborés.

A la lecture, on se rend rapidement compte du travail de fourmi effectué par Vincent Mansour-Monteil. En effet, la masse colossale de documentation, bien souvent contradictoire, semble presque impossible à traiter rationnellement. L'auteur y parvient cependant, naviguant, devinant, recroisant les données.

L'écriture est passionnante et puissante, ce qui nous pousse à plaindre TEL, pauvre bâtard écrasé par une mère un peu trop pieuse, écartelé entre son orientation sexuelle et ses principes. Dans tous les cas, TEL s'infligea lui-même le châtiment qu'il estimait avoir mérité, peut-être pour avoir trahis ses alliés nomades, en s'engageant comme simple mécanicien dans la RAF et en ourdissant de complexes machination pour assouvir ses penchants sexuels masochistes.

Pour toutes les personnes intéressées par l'histoire du Moyen-Orient, un livre poignant et lourdement documenté. Comme dit l'auteur : "La statue n'en est pas déboulonnée : elle y trouve une profondeur de chair et de sang."

Pour finir, il me reste à vous souhaiter de bonnes vacances, retraite voire travail, en vous annonçant ma dernière nouvelle de fin du monde pour le courant de la semaine prochaine.

Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous !