Citation du moment

"Ce n'est pas sous un régime totalitaire que la vérité est dangereuse, puisqu'elle n'existe pas. C'est dans les démocraties finissantes comme les nôtres qu'elle se transforme en poison, puisqu'elle devient relative."
M.G. Dantec in "Métacortex"

mercredi 10 août 2011

SF chronicles

Bonjour à toutes et à tous !

Tout d'abord, des salutations s'imposent pour mes nouveaux visiteurs valaisans qui découvrent ce blog. Je ne peux qu'espérer qu'il leur sera plaisant.

Cela étant dit, passons à l'objet premier de ce post. En fouillant avidement dans une bouquinerie, j'ai découvert un superbe roman de Brian Aldiss, "Croisière sans escale". On ne présente plus l'auteur, célébrissime pour sa quadrilogie "Helliconia".

Après une entame déroutante où l'on suit les tribulations d'une tribu survivant dans une forêt de "poniques" peuplée d'animaux bien terriens, on retombe vite sur nos pieds en réalisant que cette étrange forêt est en fait contenue dans un gigantesque vaisseau spatial.

Le héros s'enfuit de sa tribu, entrainé par le prêtre du village. A ce stade, un mot s'impose sur la très originale religion que développe Brian Aldiss. Entièrement basée sur la psychanalyse, elle impose d'exprimer ses émotions, quelles qu'elles soient.

La trame narrative est classique et parfaitement adaptée au récit qui livre peu à peu ses secrets, jusqu'à un final à la fois inéluctable et horrifiant. L'identification aux personnages est excellentes et, mise à part l'inévitable histoire d'amour, l'écriture est fluide et agréable dans la traduction.

Un excellent livre de plage, ou de terrasse...

Dans un tout autre registre, je viens de terminer une excellente biographie de Terence Edward Lawrence, plus connu sous son surnom de Lawrence d'Arabie. "Lawrence d'Arabie, le lévrier fatal, 1888-1935" par Vincent Mansour-Monteil lève quelques voiles sur l'histoire picaresque de ce quasi-mythe.

Ayant lu "Les sept piliers de la sagesse" de TEL lui-même, on est peu surpris au niveau de l'homosexualité de ce héros, manifeste dans les Sept piliers. Plus surprenante est l'incorrigible habitude de TEL de tirer la couverture à lui, voire même d'inventer purement et simplement des faits. Evidemment, on s'en doute, notamment à cause des distances fantaisistes parcourues en chamelles ou au plus que douteux récit de son viol. Néanmoins, nombre de faits relatés dans les Sept piliers sont très largement corroborés.

A la lecture, on se rend rapidement compte du travail de fourmi effectué par Vincent Mansour-Monteil. En effet, la masse colossale de documentation, bien souvent contradictoire, semble presque impossible à traiter rationnellement. L'auteur y parvient cependant, naviguant, devinant, recroisant les données.

L'écriture est passionnante et puissante, ce qui nous pousse à plaindre TEL, pauvre bâtard écrasé par une mère un peu trop pieuse, écartelé entre son orientation sexuelle et ses principes. Dans tous les cas, TEL s'infligea lui-même le châtiment qu'il estimait avoir mérité, peut-être pour avoir trahis ses alliés nomades, en s'engageant comme simple mécanicien dans la RAF et en ourdissant de complexes machination pour assouvir ses penchants sexuels masochistes.

Pour toutes les personnes intéressées par l'histoire du Moyen-Orient, un livre poignant et lourdement documenté. Comme dit l'auteur : "La statue n'en est pas déboulonnée : elle y trouve une profondeur de chair et de sang."

Pour finir, il me reste à vous souhaiter de bonnes vacances, retraite voire travail, en vous annonçant ma dernière nouvelle de fin du monde pour le courant de la semaine prochaine.

Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous !

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