Infiltration
1.Le manoir aux alouettes
Miss Fernie s'interfaça. Un délire géométrique multicolore et vaguement circulaire s'imposa à ses sens. On sentait une structure concentrique de plus en plus présente dans la représentation, comme si un trou noir légèrement excentré attirait les pixels en une valse en spirales parfaites et multiples. Puis Fernie se laissa attirer par le centre de la structure. Il lui sembla tomber, sa vitesse s'accélérant exponentiellement dans sa chute. Puis l'univers eut l'air de se déplier, révélant un paysage gigantesque et presque trop fortement organisé : la Matrice, toujours aussi belle, toujours plus grande et insatiable. Miss Fernie était fier1 de l'animation qu'il avait développé pour son entrée dans le gigantesque VDL2.
Miss Fernie était entré par un point de trame très peu usité. La circulation des données était ici réduite à sa plus simple expression. Il faut dire que le très négligent Fred Thomas était en congé exceptionnel et que son très négligent employé, le « Conglomérat des Médecins Traditionalistes », n'était qu'une société en perte de vitesse de plus dans un monde de multinationales sur l'autoroute impitoyable du progrès. Miss Fernie se demanda brièvement quel crétin accepterait sérieusement de se faire examiner par un humain et son cortège de préjugés et de mauvaises habitudes alors qu'un robot médical avait une fiabilité de plus de nonante-huit pour cent. En finissant de prendre le contrôle des machines offertes de la société, Miss Fernie éclata de rire en se rendant compte que son état physique ne nécessiterait jamais un médecin, à la rigueur un ingénieur. En fait, Fernie, anciennement Fernando, décédé, avait réimplanté sa personnalité complète dans un sexyborg, aidé en cela par son partenaire Samuel Forster, ce bon vieux Frost.
Maintenant, n'importe quel observateur extérieur verrait l'attaque démarrer du réseau de cette entreprise anachronique sans qu'il soit possible de remonter plus en aval. Le fait que ledit terminal appartenait à une société obsolète était une bonne couverture dans l'ambiance de technoterrorisme naissant.
Il avait fallu presque deux siècles, depuis que les grandes entreprises avaient pris ostensiblement le contrôle de la planète, pour que l'on voie les premiers actes de rébellion ou, du moins, des signes annonciateurs de la rage qui couvait. Il faut dire que la prise de contrôle de la Terre par les géants industriels ne s'était pas embarrassée de détail comme la pitié : les peuples qui auraient pu poser problème furent éliminés et les intellectuels priés de la fermer sous peine de disqualification au grand jeu de la vie industrialisée.
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Très intéressant. Le décor change beaucoup mais
RépondreSupprimerc'est un tout petit peu V.Roubaïev....quoique.
A part quelques mots "techniques" que ne n'ai pas trouvé dans mon dico 2007.., j'ai bien saisi l'affaire.
Biz a+
Hauterive city