Bonjour à toutes et à tous !
Pour continuer dans de « vieux » romans de SF dotés cette fois-ci de thématiques plus récentes, voici « Simulacron 3 » de Daniel Francis Galouye. Né en 1920 et mort trop tôt en 1976, cet auteur a écrit cinq romans dont deux sont passée à la postérité : « Simulacron 3 » et « Le monde aveugle ». Je reparlerais du second plus tard car c'est un très beau récit que je me dois de présenter sur ce blog. Derrière le titre rébarbatif de « Simulacron 3 » se cache un roman précurseur, dans la veine de Philip Kindred Dick dont l'auteur partage l'époque puisque son roman est sorti en 1964.
Dans un futur proche non défini, Hannon Fuller, inventeur du Simulacron 3 meurt dans un accident électrique lié à son work-in-progress Simulacron 3. Simulacron 3 est un simulateur d'environnement modulaire peuplé, comme on les nomme actuellement dans les modèles sociaux simulationistes informatiques, comprenez que c'est un espace de simulation humain à même de simuler l'ensemble de notre planète et de sa population. Douglas Hall hérite du poste du brillant scientifique décédé, et des ses responsabilités au sein de la REACO. Il va rapidement se rendre compte que le président de cette société, Horace P. Siskin, vise des objectifs bien moins altruistes que ce qu'il annonce à grand renfort de médias.
Commençant son enquête sur la mort de son prédécesseur, des gens se mettent littéralement à disparaître. Aidé par la fille de son ex-collègue assassiné, il se retrouve rapidement dans une situation inextricable qui mobilisera toutes ses facultés.
Le monde décrit est fascinant, si proche du nôtre mais dans une forme subtilement différente. La société est bombardée d'enquêtes statistiques auxquelles il est obligatoire de participer. Simulacron 3 est donc une solution prometteuse pour la population, bientôt débarrassée de ses enquêteurs envahissants. D'un autre côté, les enquêteurs se battent pour conserver leur emploi, pour ne pas être remplacés par une machine. Vu de 1964, l'auteur n'est pas tombé très loin...
Dans les thèmes chers à Dick, Daniel Galouye traite de la vraisemblance de la réalité avec brio. Popularisés par « Matrix », ces thèmes sont vraiment issus des années 1950 et ont été abondamment traités par de nombreux auteurs. Dick y rajoute encore les maladies mentales, pouvant entraîner une multiplication des réalités. Galouye est plus pragmatique dans le traitement du thème mais plus construit, et paradoxalement plus poétique.
Simulacron 3 est donc un roman classique dans sa forme, agréable à lire et n'ayant presque pas vieilli. L'intrigue est solide et, même si des lecteurs de notre génération découvrent rapidement le pot-aux-roses, on ne devine tout de même pas la fin. Le style est très factuel et il ne faut pas chercher de lourdes constructions stylistiques. Le vocabulaire est tout de même assez complexe, ce qui en fait un mauvais candidat littéraire pour les plus jeunes. Comme Dick, Galouye privilégie la réflexion à l'action et on peut suivre pas à pas les raisonnements du héros.
C'est un roman que je désirais lire depuis longtemps, dans la mesure où l'auteur fait partie des fondateurs des mouvements auxquels je me rattache. Accessoirement, ses deux pièces maîtresses ayant été rééditées et actualisées au niveau de la traduction, elles sont désormais faciles à trouver et probablement disponibles en bibliothèque. J'ai eu beaucoup de plaisir à le lire et mes comparaisons répétitives avec Dick iront de soi pour ceux qui, ayant déjà lu Dick, prendront le temps de dévorer ce court roman.
Bonnes lectures à toutes et à tous !
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