Bonjour à toutes et à tous!
Poursuivant dans mes présentations de films SF, c'est cette fois sur "Immortel : ad vitam" d'Enki Bilal que je me pencherais.
En préambule, il convient de dire, pour ceux qui ne le sauraient pas, que ce film est une adaptation très libre d'une trilogie mythique de BD, oeuvre du même Enki Bilal dont ce n'est pas, et de loin, le seul travail dans ce difficile domaine. On lui doit, plus récemment, la quadrilogie du "Sommeil du monstre", ou, plus anciennement, "Les phalanges de l'Ordre Noir" ou d'autres récits politisés et vivement critiques. Pour en revenir au sujet, la trilogie Nikopol suis le destin de Nikopol (sans blague), évadé malgré lui et, à son grand dam, partie prenante des projets tarabiscotés d'Horus, dieu de l'ancienne Egypte prochainement condamné pour ses excès par les siens.
S'il n'est pas nécessaire d'avoir lu les BD pour apprécier le film, il va sans dire qu'on l'apprécie différemment. Le film reprend principalement "La foire aux immortels" en déplaçant le cadre de Paris à New York et le personnage principal de "La femme piège", Jill Bioskop, en conservant le physique de la belle mais en modifiant complètement son origine et son destin.
Le film suit donc deux personnages, d'un côté Jill, de l'autre Nikopol et Horus. L'intrigue se déroule dans un New York futuriste, dictature soutenue par Eugenics, une gigantesque compagnie oeuvrant, entre autres, dans le génie génétique. La cité est peuplée d'hommes à divers états de modification corporelle et d'extraterrestres variés. Une anomalie s'est développée dans Central Park, sorte de maelström d'espace-temps, qui a forcé les autorités à isoler la zone et à la déclarer interdite. Tous les êtres qui y pénètrent tout de même se font expulser à l'état de squelette.
Jill (Linda Hardy), immigrante, se fait rafler par Eugenics, sa peau bleue et ses cheveux étranges en font une curiosité génétique. Une psychologue indépendante (Charlotte Rampling) la "rachète" pour l'étudier dans des conditions plus humaines et essaie de comprendre le phénomène biologique inexplicable qu'est Jill.
Parallèlement, Horus, dieu de l'ancienne Egypte, se voit condamner par Anubis et Bastet pour ses crimes indicibles. Horus demande, comme dernière volonté, de pouvoir séjourner sept jours parmi les hommes qu'il a contribué à créer. Sa requête se voit exaucée et son plan pour survivre se met en route.
Nikopol (Thomas Kretschmann) est prisonnier, congelé dans une cryo-prison depuis des décennies, quand un problème technique survient, qui le libère en lui coûtant tout de même une jambe, brisée pendant qu'il était encore congelé. Horus, qui éprouve des difficultés à trouver un véhicule corporel adéquat dans un monde où les humains sont tous soit modifiés soit malades, récupère Nikopol, anachronisme biologique. Nikopol devient son véhicule et l'aide, plus ou moins volontairement, à réaliser son plan. Durant son emprisonnement, son nom est devenu synonyme de révolte et de rébellion face à l'ordre établi.
Enki Bilal réalise un film aux décors somptueux, complètement synthétiques. La ville est d'une verticalité renversante, tout est aérien, en permanence. La technologie est, comme toujours chez cet auteur, baroque, dans le sens où elle est futuriste dans ses capacités mais d'une obsolète élégance surchargée. Ainsi les voitures volent mais doivent suivre des caténaires, les taxis sont de vieux taxis new-yorkais...
Je n'ai pas cité innocemment les acteurs car ces trois-là sont les seuls acteurs réels du film, tous les autres étant eux aussi synthétiques. C'est ce côté tout synthétique qui avait déplu à l'époque où le film était sorti et je pense que le problème ne devrait pas se poser pour le public de moins de quarante ans, maintenant habitué à ce type d'expédient. Mais à l'époque, c'était un choix graphique, pas une question de gros sous et il faut souligner le travail de titan que cela a dû être de monter ce film en son temps.
Personnellement, j'ai beaucoup apprécié car "Immortel" parvient réellement à nous faire voyager dans un futur hypothétique. L'ambiance est résolument autre, peuplée de travers bien récents. La différence de point de vue entre un dieu et l'homme est aussi croustillante. Le peu de vie organique de la distribution renforce l'impression d'un monde factice où le corps n'est qu'une machine customisable. On ressent même une forte dimension philosophique dans la fin du film, ce qui rajoute encore à cette ambiance par la dichotomie révélation/artificialité.
Ce film est regardable par chacun (quelques scènes de sexe tout de même) bien que je conseillerais aussi de lire les BD qu'on trouve facilement en bibliothèque.
N'oubliez pas de lire !
lundi 17 octobre 2011
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