Bonjour à toutes et à tous !
Comme annoncé précédemment, je vous donne avec plaisir une présenation du livre d'Ivan Efremov : "La nébuleuse d'Andromède". Edité à Moscou en 1959, l'auteur est donc un citoyen de l'URSS, géologue et paléontologue en plus d'écrivain. Pour une biographie plus complète de l'auteur, c'est par-là (en anglais car c'est la meilleure que j'aie trouvée).
Il va de soi, au vu de l'origine et de l'époque, que l'auteur nous donnera une vision communiste de l'avenir, ou du moins un avenir potentiel du communisme. Une fois n'est pas coutume dans la SF, l'auteur nous présente un avenir utopique. L'humanité est belle, vit en harmonie, les humains sont intelligents et règlent leurs problèmes de manière communautaire. Inévitablement, les personnages sont beaux et valeureux, dotés de ce courage qui font les héros antiques.
La narration est celle d'un roman fleuve, c'est-à-dire que l'on suit plusieurs personnages séparément et que leur destin se croise. On suit donc "La Tantra", vaisseau galactique en retour de mission infructueuse de sauvetage qui, par suite d'une imprudence de l'équipage, se trouve contraint de se poser sur une planète orbitant autour d'une étoile de classe E hypermassive. Ils y trouvent un vieux vaisseau terrien disparu depuis des siècles, ce qui leur sauvera la vie puisque l'équipage pourra ponctionner le carburant de l'épave. Puis ils trouvent un autre vaisseau, étranger et inconnu. En essayant de le visiter (avec la finesse habituelle de l'humanité, donc à coup de dynamite), ils se heurtent à une forme de vie extraterrestre, sans pouvoir déterminer si cette race est native de la planète ou des naufragés. La rencontre se passe forcément mal mais aucun mort n'est à déplorer.
D'autre part, on suit la femme du commandant du vaisseau, archéologue restée sur Terre, et de ses amis et amant. Le rôle de ces personnages-là est de poser et d'illustrer le développement sociétal de la Terre.
Le récit est plutôt décousu et il est difficile de savoir si l'auteur veut nous convaincre du bien-fondé de son idéologie ou s'il veut raconter une histoire. Là où Ivan Efremov prend des risques, c'est bien dans les technologies et les sciences. Il se permet courageusement d'inventer des concepts mathématiques et scientifiques extrêmement astucieux. Bien que la plupart de ces idées, notamment celle concernant la mécanique quantique (il cite Planck et Heisenberg à plusieurs reprises), soient actuellement un peu dépassées, il fait tout de même preuve d'intuitions étonnantes pour l'époque, sans compter que cette branche de la physique en était à ses balbutiements et que j'estime que, encore maintenant, elle n'est de loin pas accessible à tous, même au niveau conceptuel. Au niveau technologique, Ivan Efremov imagine un monde nucléaire et artificiel où l'homme maîtrise sa planète, ce qui reste un concept lié au communisme de l'URSS. N'oublions pas que le concept d'écologie n'existe pas vraiment au niveau du grand public à ce moment-là.
Mais, plus que tout, c'est le devenir de l'Humain qui est intéressant. L'Humanité est devenue intelligente, réfléchie. Aucune décision d'importance ne peut être prise sans l'accord de la majorité et elles doivent profiter à tous. L'accent mis sur les sentiments amoureux est contradictoire, dans la mesure où l'amour de ce futur est régi par la raison et la logique, ainsi un couple se défait pour en produire deux autres, plus viables sur le long terme.
Pour être honnête, j'ai trouvé le scénario linéaire et peu intéressant. Ce qui fait la force de ce récit, c'est la vision du futur de l'auteur en regard du monde dans lequel il vivait. On sent l'arrogance scientifique des années quarante-cinquante (quoique des "magazines" se le permettent encore) où l'on avait encore le culot de croire que l'Univers serait parfaitement compris et expliqué dans les années à venir. La société utopique qu'il génère ressemble étonnamment à une communauté de hippies (qui pourtant n'existaient pas encore). Plus intéressant encore est le jugement des archéologues du futur à notre propos : nous sommes des bêtes enragées uniquement motivées par nos passions au détriment des autres et de la planète. L'avenir, notre présent, donne donc clairement raison à l'auteur.
Ce livre est à réserver aux personnes qui supportent facilement les textes de cette époque et qui cherchent à comprendre le regard de l'autre à travers leurs écrits. De plus, il donne un éclairage russe à un courant littéraire usuellement connu comme américain à cette époque (amusant de le comparer à Dick...). Au passage, il fait partie des choix d'une collection SF de 1970 qui publia en Français les dix meilleurs romans de la SF mondiale, d'autres romans de cette collection seront donc présentés dans ces pages puisque j'en ai presque trouvé l'intégralité en bouquinerie.
Sur ce, bonnes lectures à toutes et à tous !
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